« Depuis la fermeture du détroit d'Ormuz, le prix du litre de carburant a durablement dépassé les 2 euros. (...) Le barème kilométrique, qui permet aux salariés déclarant leurs frais réels de déduire le coût de leurs trajets professionnels, ne reflète plus ce coût réel. Le carburant représente environ un tiers du coût kilométrique d'un véhicule. Une hausse de l'ordre de 30% des prix à la pompe justifie donc une revalorisation de 10% du barème pour l'imposition des revenus de 2026. » Extrait de l'exposé des motifs d'un amendement au projet de budget 2027 déposé par tout le groupe Ensemble pour la République (EPR), autrement dit tous les députés du parti Renaissance, de Gabriel Attal à Guillaume Kasbarian en passant par Paul Midy ou Élisabeth Borne.

Et l'amendement majorant le barème de 10% a donc été adopté par les députés, en séance, à l'Assemblée nationale, ce jeudi 15 octobre. Mais cet amendement a-t-il réellement un avenir ? Tout dépend de la poursuite de la navette parlementaire de ce projet de loi de finances pour 2027... Or, à ce stade, de multiples amendements ont été adoptés, près de 80 déjà en l'espace de trois jours depuis le début de l'examen en séance plénière, mercredi 14 octobre. Des amendements venant de tous les bords de l'Assemblée, de LFI à l'UDR d'Éric Ciotti et du RN au Modem en passant par LR, Renaissance, le PS ou le groupe écologiste. Le scénario du budget 2026 semble se reproduire... et le texte amendé de toutes parts avait fini par être rejeté par l'Assemblée. Pour au final aboutir à un 49.3.

« Le gouvernement le répète, si la crise venait à s'installer, nous adapterions nos dispositifs en faveur des travailleurs »

Rebelote ? C'est plausible. Or, en cas de 49.3, ce sera le gouvernement qui sélectionnera les amendements retenus. Et ce boost du barème kilométrique a-t-il une chance ? Pas vraiment à écouter la position du ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, en séance : « Beaucoup d'incertitudes subsistent concernant les prix des carburants », répond-t-il en rappelant en outre les autres dispositifs sur le prix des carburants, en rappelant notamment l'indemnité de 100 euros reconduite en cette fin d'année. « Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable. Le gouvernement le répète, si la crise venait à s'installer, nous adapterions nos dispositifs en faveur des travailleurs. »