La réforme entend concentrer les moyens vers les matériaux « non-matures » (laines de verre, plastique, membranes bitumeuses...), qui ont besoin d'un soutien financier « pour structurer l'économie du recyclage », a expliqué à l'AFP le cabinet du ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.
Ce, au détriment des éléments dits « matures », inertes, métal, bois, et bientôt plâtre, pour lesquels il existe aux yeux du gouvernement des solutions de prise en charge.
Jusqu'à la fin de l'année, dans le cadre d'une « phase transitoire », les petits volumes de déchets matures continueront à être pris en charge, a expliqué M. Lefèvre, dans un courrier adressé à la Capeb, syndicat des artisans du bâtiment, consulté vendredi par l'AFP.
La prise en charge des petits volumes pouvait coûter environ 300 milions d'euros en rythme annuel, « engendrant une hausse des éco-contributions de plus de 60% qu'aucun acteur n'était prêt à payer », a expliqué un connaisseur du dossier à l'AFP vendredi.
« Il fallait rationaliser les coûts pour que l'ensemble de l'édifice marche », avait plus tôt indiqué à l'AFP le cabinet de Mathieu Lefèvre.
Cette « refondation » de la gestion des 42 millions de tonnes de déchets que le secteur produit chaque année, avait été initiée en mars 2025.
La collecte et le recyclage des restes de plâtres, parquets, structures métalliques et autre gravats, est organisée en filière à responsabilité élargie des producteurs (REP): c'est en principe le professionnel qui a la charge financière du traitement de ses déchets.
Il s'en acquitte via le versement d'une « éco-contribution » à un « éco-organisme », entreprise contrôlée par un ensemble de producteurs et de distributeurs du secteur. C'est cet éco-organisme qui a la responsabilité de la gestion des déchets.
Dans les faits, les entreprises répercutent en règle générale le montant de l'éco-contribution à leurs clients.
C'est la loi anti-gaspillage (loi Agec) qui prévoyait l'intégration des déchets du bâtiment dans le schéma de responsabilité élargie du producteur, comme les emballages de consommation ou le textile.
Cette loi avait été votée après la mort en 2019 du maire de Signes (Var), Jean-Mathieu Michel, renversé par une camionnette dont les occupants, qu'il voulait verbaliser, avaient jeté des gravats en bord de route.















