Comme un abonné sur quatre, vous avez choisi dabandonner les tarifs réglementés dEDF pour partir vers une autre offre délectricité moins chère ? Et bien, sachez que tout le monde na pas encore ce luxe. Près de 13 ans après louverture du marché des particuliers, le 1er juillet 2007, certains usagers ne peuvent toujours pas sadresser aux fournisseurs alternatifs. Leur point commun : ils habitent dans une zone où lélectricité est acheminée, non pas par Enedis, le gestionnaire du réseau public de distribution délectricité, mais par une entreprise locale de distribution (ELD).
Qui sont ces ELD ? Il sagit dentreprises chargées dassurer la distribution et la fourniture délectricité ou de gaz, en lieu et place dEnedis (et de GRDF pour le gaz), dans certaines zones non desservies par ces opérateurs. Selon le médiateur de lénergie, ces zones représentent 5% du territoire, que se partagent 160 ELD (dont 140 en électricité). Au total, ce sont 1,2 million de foyers en électricité, et 400 000 en gaz, qui vivent sur ces territoires. Mais seulement 0,1% d'entre eux étaient clients dun fournisseur alternatif fin 2017, contre 18%, à lépoque, pour lensemble des abonnés à lélectricité (25% actuellement), selon la Commission de régulation de lénergie (CRE).
Des fournisseurs alternatifs aux abonnés absents
Comment expliquer cet écart ? Tout simplement par la quasi-absence doffres alternatives accessibles. « Les fournisseurs alternatifs ne se déploient pas sur ces territoires », confirme la CRE dans son dernier état des lieux des marchés de détail de lélectricité et du gaz naturel, couvrant lannée 2017. La Commission cite deux raisons possibles à ce défaut de concurrence : « limage de marque forte des fournisseurs historiques sur leur zone de desserte », mais aussi « le manque dharmonisation des systèmes dinformation des différents gestionnaires de réseau ».
Intervenant sur MoneyVox pour répondre à un habitant de Briançon (territoire ELD) mécontent de ne pouvoir accéder à une offre de marché, le service de communication du médiateur national de lénergie a confirmé que louverture à la concurrence nécessitait, de la part des fournisseurs alternatifs, « des démarches pour souscrire un contrat dacheminement distribution ( ) et des investissements pour connecter les systèmes dinformation [quils ne souhaitaient] généralement pas entreprendre sur le marché des particuliers ». Ils nen ont dailleurs pas lobligation.
Le sujet, toutefois, fait « lobjet dune attention particulière » de la CRE, chargée notamment de veiller au bon fonctionnement des marchés. Dans son rapport de suivi sur le « respect des codes de bonne conduite et [sur l']indépendance des gestionnaires de réseaux délectricité et de gaz naturel », publié en février 2019, linstitution a ainsi indiqué son intention de consulter « les acteurs du marché, et notamment les fournisseurs ». Le résultat de cette consultation est attendu, mais l'échéance n'a pas encore été précisée.


















