Les marchés : un vent d'espoir
Les marchés retrouvent un peu d'optimisme. Le CAC 40 progresse de 0,20% à 8 155 points ce mardi, porté par le recul du pétrole sous les 100$ le baril et l'espoir d'une reprise du dialogue entre Washington et Téhéran. Les investisseurs attendent notamment l'intervention de Donald Trump aux Nations unies, alors que des négociations entre les États-Unis et l'Iran pourraient se tenir en marge de l'Assemblée générale en cours à New York.
Autre rendez-vous important, le sommet sino-américain prévu jeudi à Washington, qui pourrait permettre de prolonger la trêve commerciale entre les deux superpuissances. À Wall Street, le Nasdaq avance de 0,4% pour le moment, après avoir inscrit un nouveau record historique hier, dans un climat un peu plus favorable aux actions technologiques. Meta est en première ligne, son titre gagne 1,5% aujourd'hui (+11,34% hier) après le démarrage remarqué de Muse, son nouvel agent d'intelligence artificielle, qui aurait enregistré davantage de téléchargements que ChatGPT à son lancement.
C'est un succès qui intéresse particulièrement les investisseurs. Après des dizaines de milliards de dollars investis dans l'IA, Meta commence à démontrer sa capacité à transformer ces dépenses en produits utilisés par le grand public. Le mouvement profite également aux fabricants de semi-conducteurs, notamment AMD et Intel. AMD a d'ailleurs franchi lundi le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, on en reparle dans cette édition.
Mais attention, cet optimisme reste fragile. L'IA continue de porter Wall Street, mais les valorisations très élevées appellent toujours à la prudence. Désormais, les marchés veulent des actes, des avancées diplomatiques et des résultats solides pour les géants technologiques.
Les valeurs
Bureau Veritas
Bureau Veritas accélère. À l'occasion de sa journée investisseurs, le spécialiste français de l'inspection et de la certification relève nettement ses ambitions : il vise désormais une croissance totale de son chiffre d'affaires à deux chiffres en 2027 et 2028. Pour y parvenir, le groupe veut notamment accélérer ses acquisitions. Depuis le lancement de son plan stratégique en mars 2024, environ 21% de son portefeuille d'activités a déjà été remanié, notamment grâce à 24 acquisitions.
L'autre grand moteur sera l'intelligence artificielle. Bureau Veritas veut faire passer ses revenus liés à l'IA, à la cybersécurité, à l'intégrité des données et à la surveillance automatisée d'environ 370 millions d'euros en 2026 à 1 milliard d'euros en 2030. L'objectif est clair : aller au-delà de la simple inspection traditionnelle pour accompagner les entreprises dans la sécurisation et la certification de leurs nouveaux systèmes numériques. Ces annonces ont été bien accueillies en Bourse, le titre gagne 2,39% ce soir à 27,80 euros (+2% en 2026).
Vusion
En tête du SBF 120, Vusion s'envole de 13,68% à 133 euros, après des résultats semestriels particulièrement solides. Le spécialiste de la digitalisation des magasins a enregistré 820 millions d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre, en hausse de 34%. Mais le plus intéressant se trouve du côté de la rentabilité : son résultat brut d'exploitation (voir lexique) bondit de 48%, à 160 millions d'euros, avec une marge en progression de 2,4 points.
Les logiciels et services deviennent surtout de plus en plus importants. Leurs revenus progressent de 39%, tandis que les revenus récurrents flambent de 73%. Vusion a également généré 127 millions d'euros de trésorerie disponible, en hausse de 51%, et confirme l'ensemble de ses objectifs annuels. Après plusieurs mois difficiles en Bourse, cette publication rappelle que la croissance du groupe reste très solide. Depuis le début de l'année, le titre cède 35% à la Bourse de Paris.
Le coin des smalls : ABC Arbitrage
ABC Arbitrage bondit de 11,09% ce soir, à 5,81 euros. Les turbulences boursières lui rapportent gros ! Spécialiste des stratégies qui profitent des mouvements de marché, le groupe a tiré parti des tensions géopolitiques et de la multiplication des échanges en Bourse. Au premier semestre, ses revenus s'envolent de 40%, à 51 millions d'euros, et son bénéfice net grimpe de 47%, à 26 millions d'euros. En six mois, ABC Arbitrage a déjà gagné davantage que sur toute l'année 2025 !
Et la dynamique se confirme. Face à une activité toujours soutenue cet été, le bureau d'analyse TP ICAP Midcap relève sa prévision de bénéfice annuel de 31 à 41 millions d'euros. ABC Arbitrage prévoit également de verser 0,20 euro de dividende par action. Avec la hausse du jour, le titre progresse de 6% depuis le début de l'année.
La pépite de la semaine
Les rachats d'actions créent-ils vraiment de la valeur ? En 2025, les entreprises du S&P 500 ont consacré un peu plus de 1 000 milliards de dollars au rachat de leurs propres actions. En France, les groupes du CAC 40 ont fait de même à leur échelle, avec près de 35 milliards d'euros rachetés sur l'année, un record. Ce sont des sommes considérables.
Et pourtant, cette dépense échappe presque entièrement à l'examen critique que subit n'importe quel autre investissement d'entreprise. Personne ne présente de business plan pour racheter ses propres actions. Le conseil d'administration vote, le communiqué tombe, et le marché applaudit presque toujours.
Le monde d'après : 1 000 milliards !
AMD franchit un cap symbolique à Wall Street. Le fabricant américain de semi-conducteurs dépasse désormais les 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, c'est-à-dire la valeur totale de ses actions en Bourse. Son titre a bondi de 10% hier, porté par l'euphorie autour de l'intelligence artificielle. En une semaine, le groupe a gagné plus de 200 milliards de dollars de valeur boursière et devient ainsi le 14e à rejoindre le club très fermé des capitalisations américaines de plus de 1 000 milliards.
AMD profite de la demande massive pour les puces capables de faire tourner les modèles d'IA. Le groupe reste derrière Nvidia, mais il s'impose de plus en plus comme son principal challenger dans les fameux GPU, indispensables aux centres de données. Les investisseurs parient sur une forte accélération de cette activité. La banque américaine Bank of America estime que les ventes d'AMD liées aux centres de données pourraient atteindre environ 170 milliards de dollars en 2030, contre 32 milliards attendus en 2026.
Cette progression illustre l'élargissement du cercle des grands gagnants de l'IA. Après Nvidia, Broadcom, TSMC, Micron, Samsung ou SK Hynix, AMD rejoint à son tour les géants valorisés plus de 1 000 milliards de dollars. Ses récents partenariats avec OpenAI, Anthropic et Meta renforcent l'idée que les grands clients cherchent des alternatives à Nvidia pour sécuriser leur approvisionnement en puces. Pour AMD, l'enjeu est désormais de transformer cet enthousiasme boursier en croissance durable. Affaire à suivre de près !
Demain à la une : en attendant le sommet Trump-Xi
Ce mercredi sera un véritable test pour la croissance mondiale. Les premiers indices d'activité économique de septembre seront publiés en France, en Allemagne, dans la zone euro, au Royaume-Uni puis aux États-Unis. Ils offriront un premier aperçu de l'activité économique du mois, sur fond de tensions géopolitiques et de volatilité des prix de l'énergie. Des chiffres solides rassureraient sur la croissance, mais pourraient aussi maintenir la pression sur les taux.
Autre temps fort à 10 heures : l'OCDE dévoilera ses nouvelles prévisions de croissance et d'inflation pour les grandes économies mondiales. Le pétrole restera également sous surveillance avec la publication des stocks américains dans l'après-midi. Enfin, tous les regards commenceront à se tourner vers Washington. Xi Jinping y arrivera demain, à la veille de sa rencontre avec Donald Trump. Commerce, intelligence artificielle, matières premières et tensions géopolitiques seront au cur de ce sommet très attendu.
Le lexique : le résultat brut d'exploitation
Le résultat brut d'exploitation mesure ce que l'activité courante d'une entreprise génère avant de tenir compte notamment des amortissements, du coût de la dette et des impôts. Il permet donc d'évaluer la rentabilité du cur de métier, indépendamment de la façon dont l'entreprise est financée ou de certains éléments comptables. Plus il est élevé et progresse, plus l'activité est généralement capable de dégager des ressources grâce à ses ventes. Pour un investisseur, cet indicateur est utile pour comparer la performance opérationnelle de plusieurs entreprises ou suivre son évolution dans le temps.


















