Les marchés

Wall Street mise gros ? très gros !

Le CAC 40 finit cette semaine écourée par le 1er mai avec une hausse de 0,53% à 8 115 points, après quatre séances consécutives dans le rouge. Beaucoup d'actualités ont animé les marchés ces dernières heures. Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux inchangés. Mais elle juge désormais l'inflation élevée, ce qui laisse penser qu'une baisse des taux US n'est pas imminente, en particulier à cause de la hausse des prix de l'énergie.

Les marchés sont en effet de nouveau sous pression à cause de la flambée du pétrole et du risque de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. Le Brent reste autour des 115$ le baril après les menaces de Trump de bloquer le détroit d'Ormuz pendant plusieurs mois, ce qui ravive évidemment les craintes de crise énergétique prolongée. Selon les médias américains, Trump pourrait ordonner de nouvelles attaques contre l'Iran pour tenter de relancer des négociations au point mort dans les tous prochains jours. Bref. On navigue complètement à vue avec ce dossier !

Cette hausse de l'énergie alimente l'inflation. En zone euro, elle est remontée à 3% en avril, tandis que les marchés anticipent une inflation américaine supérieure à 3,5%. Les banques centrales restent donc prudentes, et les marchés obligataires souffrent : le rendement américain à 30 ans a dépassé 5%, et le rendement britannique à 10 ans a atteint 5,07%, un plus haut depuis 2008. En parallèle, Meta, Microsoft, Alphabet et Amazon ont publié leurs résultats trimestriels et pourraient investir jusqu'à 725 milliards de dollars en 2026 dans l'IA. On y revient dans cette édition.

Les valeurs

Engie

Engie négocie avec l'État belge la reprise complète de ses activités nucléaires en Belgique, notamment les centrales de Doel et Tihange. Un accord est attendu d'ici le 1er octobre. Cette opération pourrait permettre au groupe de réduire fortement les risques financiers liés au démantèlement des centrales et à la gestion des déchets nucléaires. Le dossier est important car Engie avait déjà accepté en 2023 de verser 15 milliards d'euros à l'État belge pour transférer les obligations liées aux déchets nucléaires.

Les provisions nucléaires représentaient environ 11 milliards d'euros, avec un écart d'environ 4 milliards entre les estimations d'Engie et celles du régulateur belge ? Cette perspective rassure le marché, car elle pourrait alléger le bilan d'Engie et réduire l'incertitude autour de ses coûts futurs. Ce soir, Engie signe la meilleure performance du CAC 40 : +4,93% à 28,07€. Son action dépasse désormais les 25% de hausse depuis le début de l'année, après +46% en 2025 !

Stellantis

Le constructeur auto affiche des résultats en amélioration au premier trimestre 2026, avec des livraisons en hausse de 12%, un chiffre d'affaires de 38,1 milliards d'euros et un bénéfice net de 377 millions d'euros. Pourtant, son action chute de 6,40% à 6,21€ à la Bourse de Paris, car les investisseurs doutent de la solidité du redressement. L'an dernier, Stellantis a enregistré une perte opérationnelle de 842 millions d'euros et une perte nette de plus de 22 milliards d'euros, principalement en raison d'importantes dépréciations liées à ses actifs industriels dans l'électrique.

Le principal problème vient de l'Amérique du Nord, une région essentielle pour le groupe. La marge y redevient positive à 1,6%, mais seulement grâce à un remboursement exceptionnel de 400 millions d'euros. Sans cet effet ponctuel, elle serait encore négative. Stellantis continue aussi de brûler du cash, avec 1,9 milliard d'euros consommés sur le trimestre. Le groupe va donc (un peu) mieux, mais son redressement reste très fragile. Les investisseurs attendent désormais la présentation du plan stratégique le 21 mai pour savoir comment Stellantis compte améliorer durablement sa rentabilité, notamment en Europe et aux États-Unis. Depuis le début de l'année, le titre cède désormais 34% (après 25% l'an dernier).

Le coin des smalls

X-Fab

C'est une action qui ne vous dit peut-être rien mais qui concentre pourtant beaucoup d'espoirs dans le secteur technologique européen. Le fondeur de semi-conducteurs traverse une période difficile à cause du ralentissement du marché automobile, un secteur important pour son activité. Son chiffre d'affaires trimestriel a reculé de 4% sur un an, à 195,6 millions de dollars, tandis que sa marge EBITDA est tombée à 17,5%, contre 24% un an plus tôt. Les revenus liés à l'automobile ont baissé de 10%, notamment en raison des ajustements de stocks chez les clients et d'un manque de visibilité à court terme.

Malgré cela, l'entreprise reste soutenue par des marchés en croissance, comme les véhicules électriques, les infrastructures énergétiques, les centres de données liés à l'intelligence artificielle et les applications industrielles avancées. Pour le deuxième trimestre, X-FAB vise un chiffre d'affaires compris entre 190 et 200 millions de dollars et espère une reprise progressive de l'automobile. En Bourse, le titre signe l'une des plus fortes baisses journalières à Paris : -8,64% à 6,30€. L'action, éligible au PEA-PME, préserve toutefois 22% de hausse depuis le début de l'année, malgré la chute de ce jeudi.

Le monde d'après

Des investissements qui inquiètent

On a assisté à un véritable déluge de publications de mastodontes technologiques américains hier soir. Des résultats globalement exceptionnels mais les investisseurs continuent de s'inquiéter du niveau extrêmement élevé des investissements, surtout dans l'intelligence artificielle.

Microsoft affiche un chiffre d'affaires de 242 milliards de dollars sur neuf mois, en hausse de 18%, mais son action recule de 5,5% pour le moment. Meta (-9,3%) publie des revenus trimestriels de 56,3 milliards de dollars, en hausse de 33%, mais ses investissements devraient atteindre 145 milliards de dollars cette année ! Amazon (+0,3%) progresse légèrement, malgré, là aussi, une forte hausse de ses investissements, qui ont atteint 44,2 milliards de dollars sur le trimestre. Cette dépense pèse sur sa trésorerie, avec un flux de trésorerie disponible en baisse de 95% sur douze mois.

La publication d'Alphabet (+6,7%), en revanche, est bien accueillie par le marché avec un chiffre d'affaires de 109,9 milliards de dollars, en hausse de 22%, grâce notamment à la croissance du cloud et aux besoins liés à l'intelligence artificielle. En somme, l'IA commence à payer, mais pas encore suffisamment aux yeux du marché, compte tenu des investissements titanesques déjà réalisés et, surtout, à venir.

Le lexique

Les produits structurés

Les produits structurés sont des instruments financiers qui combinent plusieurs actifs (obligations, options, dérivés) et offrent un rendement spécifique en fonction de scénarios de marché prédéfinis. Ils permettent d'ajuster le couple rendement / risque en intégrant des mécanismes de protection partielle du capital, de participation à la performance d'un sous-jacent (indice, action, taux, etc.) et des conditions de remboursement adaptées aux objectifs de l'investisseur.