Les associations étudiantes alertent chaque année sur le coût toujours plus élevé de la vie étudiante. En premier lieu : le logement ! Celui-ci représente 60% du budget mensuel total selon l'Unef. Faut-il alors succomber à la colocation ? MoneyVox fait le tour du propriétaire.

La rentrée d’un élève du primaire ou du secondaire demande de la préparation : cartable, trousse, livres et petit matériel. Mais pour un étudiant, la logistique peut s’avérer plus importante. Notamment s’il faut trouver un logement. Premier écueil, le prix ! Celui-ci est même renforcé par la tension locative constatée dans de nombreuses villes de France. En moyenne, un étudiant devra payer 550,92 euros pour se loger en 2021, indique l’Union nationale des étudiants de France (Unef) qui considère que ce poste représente 60% du budget total. Et évidemment, de grandes disparités existent entre l’Ile-de-France et les autres régions : 850 euros à Paris, 674,30 euros en moyenne pour la région francilienne contre 499,95 euros en moyenne dans les principales villes de province (623 euros à Nice, 580 euros à Lyon ou 561 euros à Bordeaux), précise la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) dans une autre étude. « L’accès au logement est une réelle problématique sociétale », insiste le syndicat.

Un gain de 20% par mois

Une solution ? La colocation ! On y partage un logement avec d'autres personnes tout en ayant son espace privé avec à la clef une baisse de 20% du prix de son logement pour un total de 442 euros par mois en moyenne, selon une enquête du site spécialisé LocService.fr (1). Avantage supplémentaire, « en divisant le loyer, vous pouvez louer plus grand pour le même prix », défend l'agence immobilière Colocatère, interrogée par MoneyVox. Mais selon la localisation, les prix d'une coloc' sont très variables entre la province ( 392 euros), l’Ile-de-France (542 euros) et Paris (715 euros). Selon le site, ses clients ont un budget moyen de 686 euros mensuels pour se loger et doivent faire face à la concurrence. Dans des villes comme La Rochelle ou Lyon où près de 7 demandes sont déposées pour un bien. A l'inverse, Saint-Etienne, Nice ou Limoges proposent plus de logements en coloc’ que de demandeurs.

Le Top des villes où faire de la coloc’

  1. Le Mans : 241 euros
  2. Le Havre : 292 euros
  3. Brest : 300 euros
  4. Saint-Etienne : 314 euros
  5. Clermont-Ferrand : 326 euros
  6. Rouen : 349 euros
  7. Nancy : 359 euros
  8. Dijon : 386 euros
  9. Rennes : 392 euros
  10. Grenoble : 394 euros

Source : LocService.fr

Partager certaines dépenses

En 2021, 58% des candidats à la colocation sont étudiants mais 36% sont actifs, en couple voir même en famille. Car, si la colocation limite aussi les frais c’est qu’elle permet de partager certaines dépenses outre le loyer : abonnement Internet ou éventuellement certains services comme Netflix ou les chaînes sportives. A propos des abonnements énergie (gaz, électricité, eau), le gain est plus dur à évaluer car si l’abonnement et les taxes sont fixes (et donc divisées ! ) la consommation sera aussi plus importante. Chauffer un T5 coûte plus cher que de chauffer un studio en hiver et il faut voir si celles-ci sont incluse ou non dans les charges. Méfiez-vous aussi d'éventuelles régularisations, qui peuvent plomber le budget.

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Enfin, un impôt comme la taxe d’habitation, si elle n’est pas répartie dès le départ dans les charges par le propriétaire, peut également être partagée même si un seul avis sera émis par l’administration fiscale.

Colocation et aides au logement

Par ailleurs, la colocation permet aussi de toucher les APL, dont le barême a été revisé à la hausse cette année. Un fois le bail de colocation signé, il faut constituer un dossier de demande auprès de la Caisse d'allocations familiales. Le montant de l’aide au logement sera calculé en fonction des ressources et du loyer payé par chacun des colocataires.

Colocation : les impairs à ne pas commettre

L'étude de LocService.fr pointe également ce qui rebute les colocataires. Ainsi les fumeurs (22%) et les détenteurs d'animaux (14%) n'ont pas la cote. Mais ce n'est pas le pire : les futurs colocataires craignent aussi de partager leur logement avec une persone rétive au ménage (67%) ou à la vaisselle (30%). Nous vous rappelons en effet, qu'en coloc' les parties communes sont... commme leur nom l'indique, partagées. Autre régle de vie essentielle : ne jamais entrer dans la chambre de son colocataire en son absence ou, pis, lui voler sa nourriture dans le frigo commun. Enfin, 26% s’inquiètent encore du cas du colocataire qui viendrait leur réclamer de l’argent… et 20% refusent par-dessus tout l’idée de devoir supporter des fêtes imprévues où des amis s'imposeraient dans les canapés de manière répétée.

(1) Etude réalisée à partir des données issues exclusivement de LocService.fr, à partir d’un échantillon de 6 755 demandes et 6 893 offres de colocation déposées sur le site sur les 12 derniers mois.