Vous avez déniché une bonne affaire sur internet, un logement à un prix imbattable ou encore un appareil électroménager flambant neuf et bradé ? Attention, si le vendeur vous propose de payer en coupons PCS, « il y a 99% de chances que ce soit une arnaque », explique à Que Choisir le responsable de la plateforme gouvernementale de prévention et d’assistance aux victimes Cybermalveillance.gouv.fr.

Ce procédé n’est pas nouveau, mais il revient en force : l’arnaque aux recharges PCS, appelées « coupons de paiement ». Il s’agit de l’équivalent des recharges de crédit téléphonique mais pour les cartes de paiement prépayées disponibles en ligne ou chez les buralistes. D’une valeur de 20 à 250 euros, ces bons sont tout à fait légaux. En revanche, intraçables, ces coupons s'avèrent être un rouage récurrent des arnaques en ligne, comme l’explique Que Choisir. Car une fois le coupon envoyé au cyber-escroc, il peut alors le créditer sur ses cartes prépayées et utiliser cet argent en tout anonymat. Bien sûr, côté acheteur, une fois le coupon transmis, la victime n’obtient jamais le bien en échange. Les coupons et cartes de CreaCard, Neosurf, Transcash sont cités par Que Chosisir.

L’usage de « ce moyen de paiement est typique de ceux que l’on appelle les « brouteurs » d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Sénégal, Nigéria), mais [ces arnaques] peuvent aussi être perpétrées depuis l’Afrique du Nord ou par des francophones établis dans les pays de l’Est, à Chypre, en Israël… Elles ne coûtent pas cher à monter et s’opèrent souvent depuis des cybercafés locaux non contrôlés, ce qui renforce le sentiment d’impunité des auteurs, » explique Jean-Jacques Latour, l’un des responsables du site gouvernemental Cybermalveillance.gouv.fr, cité par le magazine.

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Prix alléchant et PCS, le combo à fuir

Ce stratagème pour détourner de l’argent peut être utilisé dans diverses malversations touchant les particuliers, comme l’arnaque à la romance qui consiste à séduire sur les réseaux sociaux puis à extorquer de l’argent à la victime amourachée. A l’approche des vacances estivales, les particuliers doivent aussi redoubler de vigilance s’agissant des offres de locations saisonnières.

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L’arnaqueur attire ses victimes avec un logement à bas prix sur les plateformes entre particuliers. Une fois l'internaute appâté, il lui demande de lui renvoyer un dossier de location avec documents d’identité, fiches de paie, avis d’imposition et un acompte à régler en coupons. « Dès lors que l’on vous réclame un paiement en PCS, il y a 99% de chances que ce soit une arnaque », prévient Jean-Jacques Latour.

Mais le détournement de plusieurs centaines d’euros n’est que le début des problèmes. « Les données personnelles récupérées vont permettre au cybercriminel d’usurper votre identité, par exemple en contractant un crédit à la consommation à votre nom », alerte-t-il également. La malversation se décline bien sûr avec d’autres achats coûteux, comme une voiture ou des animaux de compagnie de race, toujours proposés à des prix trop beaux pour être vrais. Méfiance donc.