Le député de La République en marche Julien Borowczyk a déposé en février une proposition de loi pour accorder aux automobilistes une baisse des tarifs sur les autoroutes en cas de travaux. L’élu de la Loire explique à MoneyVox les conséquences de ce texte qui pourrait être examiné par l'Assemblée nationale avant l'été.

Julien Borowczyk

Julien Borowczyk, député LREM de la Loire

Julien Borowczyk (LREM), pouvez-vous nous expliquer l’esprit de cette proposition de loi qui prévoit de revoir à la baisse un tarif d'autoroute quand des travaux ont une incidence sur la fluidité et la durée du trajet ?

J. B. : « Ce texte est la conséquence de ce que vivent au quotidien ceux qui empruntent l’autoroute. Un service au prix élevé qui se trouve dégradé quand on est contrarié chaque jour dans 1,2, 10 ou 20 kilomètres de ralentissement ou de bouchons en raison de travaux. Si le service n’est pas rendu, est-il normal de payer le même tarif ? Je suis médecin, si je n’ai ni stéthoscope, ni ordonnancier, est-il normal de faire payer 25 euros la consultation ? Le choix des automobilistes d’utiliser les voies rapides payantes est bien souvent motivé par la durée du trajet qui est plus courte. Si la vitesse baisse, que la durée augmente, le prix doit changer. »

Sur les autoroutes françaises,le prix au kilomètre peut varier de 2,50 à plus de 54 centimes d'euro. Comment calculer cette baisse du prix ?

J. B. : « Ce prix moyen au kilomètre permet de faire évoluer le tarif en fonction des travaux : nous pouvons le prendre et le multiplier par les kilomètres concernés par le ralentissement. Néanmoins, il ne faut pas que les concessionnaires en viennent à réduire les zones de sécurité pour les travailleurs présents sur les chantiers, et ce afin de limiter pour eux la baisse du tarif. Sur ma circonscription, j’ai deux portions d’autoroutes (A72 et A89, ndlr), dont un tronçon de 11 kilomètres emprunté quotidiennement par des gens allant travailler à Saint-Etienne. Il y a des travaux très fréquemment sur 5 ou 6 kilomètres. Les conditions d’exploitation des autoroutes exigent des travaux réguliers mais, elles poussent parfois au surentretien au détriment du consommateur.

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Par ailleurs le récent arrêté qui appuie le développement des péages dématérialisés sur les autoroutes montre bien que des calculs sont possibles et que les algorithmes existent pour mettre en place ma proposition ».

Comment calculer la baisse ?

Dans le cas où cette proposition de loi est votée, ce sera au Conseil d'Etat de fixer les modalités de calcul de ces tarifs ajustés. Mais en attendant, voici un exemple de ce qui pourrait être mis en place :

Sur l'autoroute A1, madame P. effectue le trajet entre l'aéroport Charles de Gaulle et son domicile d'Arras. Une distance totale de 167 kilomètres, dont 147 sur autoroute. Le prix de ce trajet en voiture classique est de 13,90 euros, soit un prix de 9 centimes d'euro du kilomètre.

Si pendant son trajet madame P. est ralentie sur 17 kilomètres en raison de travaux, elle pourrait voir la facture finale abaissée de 1,6 euro (17 x 0,09), soit un total de 12,3 euros au lieu de 13,90 euros.

Quelle est la réaction des concessionnaires d’autoroutes à votre proposition ?

J. B. : « Je n’ai eu aucun échange avec eux, aucun retour. Même quand j’ai demandé des chiffres sur ma circonscription, je n’ai eu aucune réponse. »

« Le choix des automobilistes d’utiliser les voies rapides payantes est bien souvent motivé par la durée du trajet qui est plus courte »

Vous proposez également que les concessionnaires remboursent à l’État les interventions des forces de sécurité sur les autoroutes ?

J. B. : « La présence de pelotons de gendarmerie d'autoroute est obligatoire et mentionnée dans les conventions entre l'Etat et les concessionnaires. Les gendarmes assurent la sécurité et la lutte contre la délinquance routière sur des portions données, à la charge des contribuables. Mais, quand vous organisez une manifestation vous êtes tenus d’assurer la sécurité des participants et d’en assumer le coût. Pourquoi pas les concessionnaires d'autoroutes ?

Quand votre texte sera-il être voté ?

J. B. : « Je suis en pourparlers avec le groupe parlementaire LREM mais ça serait une bonne annonce avant les vacances d’été. »

Nouvelle hausse des tarifs au 1er février

Depuis le 1er février, rouler sur les autoroutes coûtent plus cher. L’Etat et les 7 compagnies concessionnaires se sont mis d’accord pour réévaluer de 0,85%, en moyenne, les tarifs aux péages. Les autoroutes en Normandie, dans le Nord et l’Est de la France, exploitées par la Sanef, ont aiugmenté leurs prix d'environ 0,75%. La hausse dans les réseaux APRR et AREA (régions du centre et de l’Est) est comprise entre 0,87% et 1,07%.

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