L'agence de notation Moody's a abaissé jeudi sa perspective pour le secteur bancaire mondial, estimant notamment que celui-ci pâtit du ralentissement de la conjoncture et d'un environnement persistant de taux d'intérêts très bas, voire négatifs.

« Les risques croissants de récession aux États-Unis et en Europe, conjugués au ralentissement de la conjoncture en Asie-Pacifique et dans les pays émergents, vont conduire à une détérioration de la qualité des crédits et à une augmentation des provisions » passées pour faire face à d'éventuels défauts des emprunteurs, estime Simon Ainsworth, analyste chez Moody's, cité dans un communiqué.

Pour ne rien arranger, une possible relance des politiques monétaires très expansionnistes, qui ont eu pour effet ces dernières années de faire chuter les taux d'intérêts, et l'usage de taux d'intérêts négatifs dans certaines régions nourrissent les pressions qui affectent la rentabilité des banques, est-il ajouté. Selon l'agence, les établissements qui affichent des coûts de structure élevés seront les plus touchés par les difficultés, alimentant les questions concernant la pérennité de certains modèles d'activité.

« Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine semblent parties pour durer, avec des conséquences négatives pour les banques dans ces pays, ainsi que dans d'autres économies orientées à l'export et pour les banques qui financent le commerce », détaille Moody's.

« Investir fortement dans l'innovation numérique »

Ces différents éléments « sont susceptibles d'aboutir à une dégradation de la qualité des prêts consentis par certaines banques en Asie et aux États-Unis, et il y a un risque qu'une poursuite de l'escalade provoque des mouvements baissiers sur les marchés financiers », ajoute l'agence.

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Dans ce contexte, les technologies de rupture vont continuer à alimenter l'innovation à travers certains segments d'activité, particulièrement dans les services de paiement : « les banques traditionnelles doivent investir fortement dans l'innovation numérique pour défendre leur modèle face à une vague de nouveaux entrants », affirme encore Antonello Aquino, analyste chez Moody's.