Nicolas Chatillon, Depopass a été lancé sur le marché il y a moins dun an. Quest-ce qui vous a convaincu dinvestir dans cette très jeune fintech, qui opère sur un marché encore balbutiant ?
Nicolas Chatillon : « Nous connaissions très bien Depopass, puisque S-money lui fournissait déjà une prestation dencaissement pour compte de tiers. Nous avons été très vite convaincu du potentiel de ce service, qui répond à un besoin bien identifié : celui de créer de la confiance entre particuliers à loccasion dune transaction de gros montant, comme la vente dune automobile. Le marché des véhicules doccasion en France, cest entre 5 et 6 millions de ventes par an, la plupart réglées à laide de chèques de banque. Malheureusement, la fraude au chèque de banque, si elle est rare (2 à 3% des transactions), existe. Depopass permet de sécuriser le paiement, dapporter de la simultanéité entre le vendeur et lacheteur et répond à lévolution des modes de consommation, de plus en plus tournés vers le numérique et le mobile. »
Quelles sont vos ambitions pour Depopass ?
N.C. : « Nous souhaitons en faire la solution de référence pour toutes les ventes de biens de valeur entre particuliers : les automobiles et autres véhicules (motos, camping-cars, etc.), mais aussi les bijoux ou les uvres dart. Cest à la fois une aventure, car le marché reste à construire, et un projet très rationnel, car le besoin dun tiers de confiance pour ces transactions existe. »
Pour faire connaître Depopass, vous avez également noué un partenariat avec le groupe CarBoat Media, éditeur notamment du site dannonces La Centrale
N.C. : « Effectivement, nous avons choisi La Centrale comme partenaire stratégique. Depopass sera lunique solution de paiement proposée sur le site. Ce partenariat, toutefois, nest pas exclusif, et dautres sites pourront proposer Depopass dans leur univers particulier, qui peut être celui des bateaux ou des caravanes, par exemple. »
En poussant ainsi Depopass, ne craignez-vous pas de signer larrêt de mort du chèque de banque ?
N.C. : « Le chèque de banque na pas attendu Depopass pour décliner. A léchelle du groupe BPCE, son usage a régressé denviron 30% au cours des cinq dernières années, et ce repli saccélère encore depuis deux ans. Ceci étant dit, il nest pas question de faire disparaître le chèque de banque. Nous en émettons toujours entre 1 et 2 millions par an, 7 fois sur 10 pour régler une automobile doccasion. Depopass est une alternative possible, mais nos clients continueront davoir le choix. »
Depopass a un défaut majeur : il est plus cher que le chèque de banque
N.C. : « Si on les compare avec les honoraires facturés par dautres tiers de confiance, par exemple dans le domaine de limmobilier, les tarifs de Depopass [voir encadré ci-dessous] sont très raisonnables, et dailleurs très bien acceptés par les clients. Sa valeur dusage, en effet, est bien supérieure à celle du chèque de banque, puisquil permet la sécurisation des fonds, la simultanéité de la transaction, la vérification de lidentité de lacheteur, entre autres services. »
Le concurrent Paycar
BPCE, via S-money, a lintention dimposer Depopass comme la solution de référence sur le marché des ventes de biens de valeur entre particuliers. Pour y parvenir, elle devra toutefois composer avec la concurrence, incarnée par Paycar, qui travaille avec le Crédit Mutuel Arkéa et sa filiale Mangopay. Principale différence entre les deux services : la tarification. Paycar a fait le choix dune commission fixe unique de 40 euros, quel que soit le montant du bien vendu, partagée entre le vendeur et lacheteur. Depopass, de son côté, fait supporter le coût du service au vendeur et a prévu une commission fixe de 25 euros jusquà 5.000 euros, puis de 0,2% du montant au-delà de ce seuil. Un principe sur lequel Nicolas Châtillon ne compte pas revenir, même sil explique que Depopass « sadaptera au marché ».
Lire aussi : Vente de voitures d'occasion : deux nouvelles alternatives au chèque de banque


















