« Je vendais ma voiture, lacheteur venait de province en train pour lacheter avec un chèque de banque. Cétait un samedi, donc impossible de contacter sa banque pour en vérifier la validité. Jai accepté le chèque, qui sest avéré valide, mais au final, largent nest arrivé sur mon compte que le vendredi suivant. Je me suis alors dit quil était anormal quil ny ait pas un moyen plus simple et plus sécurisé pour vendre sa voiture. » Lanecdote est racontée par Vincent Marty-Lavauzelle. Un peu plus dun an après les faits, il est, avec son associé Mike Waldman, à la tête de Paycar, un moyen de paiement électronique dédié spécifiquement à la vente de voitures doccasion. Soit un marché, tout de même, de 5,4 millions de transactions par an, dont 65% de particulier à particulier.
Dans lintervalle, lancien cadre financier a commencé par commander une étude menée auprès de 1.000 vendeurs de voitures doccasion, qui a confirmé son intuition : si 83% dentre eux utilisent le chèque de banque pour leurs transactions, cest le plus souvent par défaut. « Le chèque de banque fait peur » croit savoir Vincent Marty-Lavauzelle. « Il y a des cas de faux, et leur vérification est impossible à effectuer le soir ou le week-end, lorsque les agences sont fermées ». Et il nexiste pas de réelle alternative sécurisée. « Les autres services de paiement entre particuliers fonctionnent à partir de la carte bancaire, qui nest pas adaptée pour des sommes comprises généralement entre 10.000 et 16.000 euros », poursuit Marty-Lavauzelle. « Certes, on peut utiliser PayPal [leader mondial des paiements électroniques, NDLR], mais à condition de payer une commission de 3,4% de la somme. » Paycar, de son côté, prélève à lacheteur une commission fixe de 39,90 euros, et facture 6,90 euros de frais de dossier au vendeur.
Partenariat avec Arkea
Pour quel service ? Avant la transaction, les deux parties doivent ouvrir un compte chez Paycar, via son site internet, ce qui nécessite de se mettre daccord en amont sur ce mode de paiement. Lacheteur vire ensuite, en 48 heures, la somme nécessaire à lachat sur un compte-séquestre détenu par le Crédit Mutuel Arkea, principal partenaire de Paycar. Le jour de la transaction, il se connecte à ce compte, sur le site internet ou grâce à lapplication mobile (1), pour déclencher le virement, qui a le double avantage pour le vendeur dêtre instantané et irrévocable.
Sur le papier, le dispositif est attractif. Reste à convaincre les vendeurs de troquer un moyen de paiement imparfait mais généralement gratuit et fourni par leurs banques, contre un autre plus efficace, mais payant et fourni par une Fintech. « On ne va pas toucher tout le monde », concède Vincent Marty-Lavauzelle. « Mais certains sont prêts à payer 40 euros pour éviter les arnaques ». Cest le cas notamment, espère-t-il, des professionnels de la vente de voitures doccasions (mandataires, sites internet spécialisés, etc.). Dici 6 mois, Paycar, accessible au grand public depuis la mi-août, espère ainsi atteindre un rythme de croisière de 1.500 transactions par mois.
Le concurrent Depopass
Coïncidence ? Une quinzaine de jours après Paycar, une autre jeune société vient de se lancer sur le même marché. Son nom : Depopass. Le service fourni est extrêmement proche de Paycar : lacheteur et le vendeur sinscrivent en amont sur le site de la marque, le premier provisionne les fonds nécessaires sur un compte séquestre (ici détenu par le groupe BPCE) et déclenche le paiement, instantané et irrévocable, au moment de prendre possession du véhicule, grâce à un code envoyé par SMS. La principale différence réside dans la tarification. Là où Paycar prélève une commission fixe de 46,80 euros (39,90 euros pour lacheteur, 6,90 euros pour le vendeur), Depopass facture le service 99 euros, plus une commission proportionnelle de 0,4% du prix de vente supérieur à 10.000 euros.
(1) Une application pour téléphones Android existe déjà, la version iPhone est en cours de validation.


















