L'actuelle ministre âgée de 40 ans, qui sort tout juste d'un long marathon parlementaire dédié à l'adoption du budget pour 2026, va succéder à l'ancien ministre socialiste, Pierre Moscovici, aux commandes de cette institution, devenant la première femme à la présider. Cette nomination est attendue mercredi lors d'un Conseil des ministres.

Cette macroniste historique, remarquée pour sa fine connaissance des dossiers budgétaires et financiers, va donc quitter le gouvernement, alors qu'un remaniement limité est attendu dans les prochains jours avant les élections municipales.

Cet « ajustement » sera donc finalement un peu plus conséquent qu'attendu, avec ce poste-clé à pourvoir dans l'équipe de Sébastien Lecornu.

Amélie de Montchalin récupèrera les rênes de cette institution plus que bicentenaire à un moment crucial, alors que la France peine à redresser la barre après plusieurs années de dérapage budgétaire, dans un contexte politique extrêmement instable qui ne facilite pas l'adoption du budget du pays.

Le déficit public doit être ramené à 5% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, un objectif que de nombreux observateurs et parlementaires jugent très ambitieux compte tenu du contenu du projet de loi de finances actuellement revu par le Conseil constitutionnel.

Mme de Montchalin elle-même avait rappelé ces derniers jours l'importance de revenir au plus vite sous les 3% pour rentrer dans les règles de l'Union européenne. « Ca doit être au plus tard (en) 2029 », a-t-elle estimé ces derniers jours.

Sa nomination en tant que Première présidente de la Cour des comptes est uniquement du ressort du chef de l'Etat et ne nécessitera pas d'approbation par les commissions des Finances du Parlement, comme c'est le cas pour d'autres nominations.

Son mandat sera irrévocable, seulement borné par une limite d'âge théorique fixée à 68 ans.

Sa prestation des derniers mois à l'Assemblée nationale et au Sénat l'avait en tout cas propulsée en première ligne au sein de l'équipe gouvernementale. Ses compétences techniques, sa répartie et son ton didactique au fil de dizaines d'heures de débat avaient notamment été appréciés par de nombreux parlementaires.

Sébastien Lecornu a lui-même évoqué un « duo » avec cette économiste, pur produit du macronisme de 2017, qui avait accumulé les portefeuilles des Affaires européennes (2019-2020), de la Fonction publique (2020-2022) et, pour quelques semaines, de la Transition écologique (2022), avant sa défaite aux législatives dans l'Essonne, terre de ses grands-parents agriculteurs, face au socialiste Jérôme Guedj.

Diplômée de HEC et de Harvard, passée par le secteur bancaire (BNP Paribas) et l'assurance (Axa), Amélie de Montchalin avait été représentante permanente de la France auprès de l'OCDE avant d'être rappelée à la surprise générale fin décembre 2024 par l'ex-Premier ministre François Bayrou, soucieux de constituer un « gouvernement de poids lourds ». Sébastien Lecornu l'avait ensuite confirmée à son poste au début de l'automne.