Vous vous apprêtez à réserver une maison pour vos prochaines vacances ? A passer commande dune marchandise ? Ou à signer le contrat de vente dun bien ? Dans le cadre de ces transactions, vous allez peut-être devoir verser à votre interlocuteur une avance dargent, sous la forme dun acompte ou darrhes. Deux termes qui, pour lessentiel dentre nous, ont à peu près le même sens. Dans les faits, toutefois, ils ne sont pas synonymes, comme la rappelé récemment la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans une fiche pratique.
Une question dengagement
La différence entre acompte et arrhes réside dans le type dengagement pris par le consommateur et le fournisseur. Le versement dun acompte implique en effet lengagement ferme de la part des deux parties daller au bout de la transaction : le consommateur est obligé dacheter, le commerçant de fournir le bien ou le service. Si le premier se rétracte, il risque non seulement de perdre la somme versée, mais sexpose aussi au paiement de dommages-intérêts. Dommages-intérêts auxquels sexpose également le vendeur en cas de dédit, même sil consent à rembourser lacompte.
Ce caractère obligatoire nexiste pas dans le cas des arrhes. Si le consommateur se désiste, il risque seulement de perdre lavance versée, sauf si une disposition contraire est prévue par contrat ou sil parvient à négocier un remboursement à lamiable. Si cest le fournisseur qui fait défaut, il pourra généralement se contenter de rendre les arrhes. Toutefois, précise la DGCCRF, il peut aussi être « condamné à rembourser au consommateur le double des arrhes versés ».
Important à savoir : par défaut, cest-à-dire en labsence de stipulations contraires dans le contrat de vente ou de location, une avance dargent devra être considérée comme un versement darrhes.
Avoir : vous nêtes pas toujours obligés daccepter
Vous avez pris livraison dune marchandise partiellement payée avec une avance, mais vous souhaitez la restituer ? Si elle est fonctionnelle, conforme à la description et quelle a été livrée dans les temps, le vendeur nest pas contraint daccepter le retour. Il peut toutefois, à titre commercial, choisir de vous rembourser, éventuellement sous la forme dun avoir, cest-à-dire dun bon correspondant à la valeur de la marchandise, à faire valoir sur un achat ultérieur. Vous naurez alors dautre choix que daccepter.
En revanche, si le retour de la marchandise est lié à un défaut ou à un retard de livraison, vous êtes en droit dobtenir le remboursement intégral, et de refuser la solution de lavoir.
Les conseils de la répression des fraudes
Pour éviter tout problème, la DGCCRF conseille de :
- réclamer et conserver le double du contrat ou du bon de commande ainsi que le reçu de la somme versée ;
- faire préciser clairement par le commerçant sur le contrat ou le reçu qu'il vous remet si le versement correspond à un acompte ou à des arrhes ;
- lire toujours très attentivement les clauses de résiliation ;
- exiger dans tous les cas que l'avoir, l'acompte ou les arrhes fassent l'objet d'un écrit à l'en-tête du magasin, à titre de preuve ;
- de ne verser, dans tous les cas, qu'une somme limitée : environ 10 % du montant final de lachat ;
- demander un engagement écrit afin d'obtenir un remboursement et non un avoir en cas de restitution.



















