« Cet amendement vise à permettre l'augmentation de la rémunération des enseignants de 20% immédiatement, c'est-à-dire à rattraper les conséquences du gel du point d'indice débuté sous Nicolas Sarkozy, prolongé sous François Hollande et aggravé depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron », a indiqué le député LFI Paul Vannier. La hausse constitue selon lui « une mesure de justice (...) indispensable pour permettre aux enseignants qui font vivre le service public d'éducation de pouvoir tout simplement se loger par exemple. »
« Aujourd'hui, les enseignants débutent leur carrière avec l'équivalent d'un Smic. C'est un scandale », a poursuivi l'élu, estimant que cela avait « des conséquences très graves sur notre capacité pour attirer les meilleurs étudiants et un nombre suffisant d'étudiants dans la carrière enseignante. »
Le rapporteur des crédits de l'Éducation nationale, le député RN Anthony Boulogne, s'était opposé à la mesure, dénonçant un amendement « complètement fantaisiste ». « La hausse de la rémunération des enseignants, c'est un sujet essentiel pour l'attractivité du métier », a-t-il avancé, mais « augmenter de 20% le salaire des enseignants sur un seul exercice budgétaire n'est pas finançable. »
Le budget a peu de chances d'être adopté
Comme les autres amendements adoptés en commission, la mesure doit encore être examinée en séance publique à l'Assemblée nationale. Mais ces propositions ont surtout une portée politique à ce stade, le projet de budget ayant peu de chances d'être adopté par un vote des députés en l'absence de majorité. Si la première partie du texte, consacrée aux recettes, était rejetée, les députés ne débattraient en effet pas du volet dépenses.
Mercredi au Sénat, le sénateur LR Olivier Paccaud, rapporteur des crédits de l'Éducation nationale, a défendu de son côté un amendement visant à revaloriser les milieux de carrière des enseignants. La mesure, qui prévoit notamment d'accélérer certains déroulements de carrière, représenterait un coût de 22 millions d'euros dès la première année, puis de 106 millions d'euros à l'horizon 2030.
Plusieurs rapports ont recommandé ces dernières semaines de réinvestir les gains liés à la baisse démographique dans une hausse des rémunérations des enseignants. À six mois de la présidentielle, de nombreux candidats ont par ailleurs promis d'augmenter les rémunérations des enseignants.
Salaire d'un professeur : de 2 340 euros à 4 080 euros net par mois en moyenne



















