Le gouvernement multiplie les déclarations sur la revalorisation du salaire minimum ces derniers jours. Si, dans un premier temps, seule une revalorisation anticipée était mise sur la table, un possible coup de pouce a été évoqué, c'est-à-dire une hausse plus importante que celle qui est prévue mécaniquement.
Comment le Smic évolue-t-il ?
Pour bien comprendre, il faut connaître les mécanismes d'évolution du Smic. Le Code du travail prévoit une « fixation annuelle du salaire minimum de croissance » au 1ᵉʳ janvier. Il est revalorisé tous les ans en fonction de deux indicateurs : l'inflation subie par les 20% de ménages les plus modestes et la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.
Le salaire minimum peut aussi augmenter en cours d'année, dès que l'inflation dépasse 2% par rapport à la dernière revalorisation. C'est ce qui s'est passé en juin dernier. D'après les calculs de MoneyVox établis à partir des dernières prévisions de l'Insee sur l'inflation, la prochaine hausse, prévue en janvier, sera probablement de 1% ou moins, puisqu'elle prendra en compte les + 2,41% de juin.
S'il opte pour la revalorisation anticipée, le gouvernement choisira donc d'avancer cette hausse d'un mois ou deux, avec une application en novembre ou décembre. Il s'élève actuellement à 1 443 euros net par mois. Cette mesure entraînerait donc un gain cumulé de 28 euros si l'hypothétique hausse de 1% était appliquée en novembre, ou de 14 euros si elle l'était en décembre.
Un coup de pouce possible ?
Le gouvernement a toutefois davantage de marge de manuvre pour augmenter le Smic. Il peut décider d'un coup de pouce, c'est-à-dire une hausse du salaire minimum plus importante que celle qui est mécaniquement prévue. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a déclaré jeudi 29 octobre sur France Inter qu'un coup de pouce « n'est pas un tabou ».
Cette mesure n'a pas été utilisée depuis 2012, au lendemain de l'élection de François Hollande. Le taux horaire du Smic avait alors été revalorisé de 2% : 1,4% au titre de l'inflation et 0,6% au titre d'un « coup de pouce » supplémentaire décidé par le gouvernement alors dirigé par Jean-Marc Ayrault.
« Le gouvernement a commencé par travailler sur une augmentation de 0,5 à 0,6 point en plus de la hausse légale, mais selon plusieurs sources, il pourrait aller au-delà et opter pour un coup de pouce supérieur. Sans aller jusqu'à satisfaire les demandes syndicales, qui vont de 100 euros par mois (6%) pour la CFDT à 150 euros mensuels pour la CGT (+10%) en passant par 130 euros pour FO », indiquent ce lundi Les Echos.
Mais la revalorisation anticipée fait déjà débat et se heurte à l'opposition du patronat. Une hausse du Smic pour « acheter la paix sociale », ajoutée au renchérissement du coût du travail prévu dans le budget de la Sécu risque de « créer la pagaille dans les entreprises », estimait vendredi 23 octobre Patrick Martin, le président du Medef.
Les syndicats réclament pour leur part une hausse plus importante : la CGT demande par exemple une hausse de 10% du salaire minimum.



















