Au 1er janvier 2026, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) brut horaire a été revalorisé de 1,2%, à 12,02 euros. 2,1 millions de salariés du secteur privé non agricole ont bénéficié directement de cette revalorisation, soit 11,8% des salariés (1). Ils représentaient 12,4% des salariés au 1er novembre 2024, date de la précédente revalorisation, comme l'a souligné une étude de la Dares.

Si c'est le nombre de bénéficiaires de la revalorisation qui est comptabilisé, c'est parce qu'il n'est pas possible de déterminer directement le nombre de salariés touchant le salaire minimum. « Mesurer le nombre de salariés percevant le Smic nécessite de disposer de données permettant de décrire finement les différentes composantes de la rémunération, pour en isoler la fraction correspondant à l'assiette du Smic. Aucune source statistique ne permet de l'évaluer précisément, mais plusieurs sources permettent de s'en approcher », détaille la Dares.

Les salariés à temps partiel, de petites entreprises et les femmes surreprésentés

Son étude montre que, parmi les salariés à temps partiel, 25,6% ont bénéficié de la dernière revalorisation du Smic, contre 8,8% pour ceux à temps complet. Les femmes étaient également surreprésentées : elles représentent près de 60% des bénéficiaires de la hausse.

Au sein des très petites entreprises, les salariés étaient également proportionnellement plus nombreux à en bénéficier : 21,9% dans celles de 1 à 9 salariés, contre 9,5% dans les autres. « La proportion de bénéficiaires tend à décroître à mesure que la taille de l'entreprise augmente : de 25,4% dans celles comptant 1 salarié, elle passe à 6,6% dans celles de 500 salariés ou plus », constate la Dares.

Variation en fonction des branches professionnelles

Selon les branches professionnelles, la proportion des bénéficiaires de la revalorisation varie. Elle est la plus importante dans le regroupement de branches « commerce principalement alimentaire » : 31,7% des salariés « À un niveau plus détaillé, sont concernés par la revalorisation du Smic plus de la moitié des salariés couverts par les conventions collectives des « services à la personne (entreprises) » (53,8%) et de la « restauration rapide » (62,3%). »

À l'inverse, moins de 5% des salariés bénéficient de cette revalorisation dans dix regroupements. Parmi eux, « banques, établissements financiers et assurances », « métallurgie et sidérurgie », « professions juridiques et comptables », « verre et matériaux de construction », « chimie et pharmacie »... « Dans le regroupement comprenant les établissements financiers, cette faible part est due à la forte proportion (76,9%) de salariés cadres ou occupant des professions intermédiaires, peu concernés par le Smic », explique la Dares.

Un point à noter : un salarié peut être directement concerné par la revalorisation du salaire minimum tout en étant rémunéré à un niveau légèrement supérieur, en raison de la perception d'éléments de rémunération n'entrant pas dans l'assiette du Smic.

Et certains salariés gagnent moins que le salaire minimum, même si la part de salariés appartenant à des entreprises appliquant une convention de branche non conforme au Smic diminue : 2,5% à la veille du 1er janvier 2026 contre 2,8% au 31 octobre 2024.

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(1) Un salarié est directement concerné par la revalorisation du Smic lorsque, au 31 décembre 2025, la partie de sa rémunération correspondant à l'assiette du Smic est comprise entre 11,88 euros brut (Smic alors en vigueur) et 12,02 euros brut de l'heure (Smic au 1er janvier 2026).