« Lorsqu'un traitement nécessite dix-huit comprimés, l'Assurance maladie n'a pas vocation à financer vingt ou trente comprimés au seul motif que le laboratoire a choisi cette taille de boîte », explique le député Renaissance Guillaume Kasbarian, dans l'exposé de cet amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027.

Soutenu par des élus de divers bords dont Agnès Pannier-Runacher (Renaissance), Damien Maudet (LFI) et Christophe Bentz (RN), l'amendement prévoit que le pharmacien délivre exactement le nombre d'unités correspondant à la prescription médicale. Le droit actuel prévoit cette délivrance à l'unité pour « certaines spécialités » mais « cette faculté demeure trop limitée », est-il écrit.

« Il y a des alliances parfois étonnantes », a souri le rapporteur général LR Thibault Bazin, qui s'était dit « défavorable ».

« Oui, il faut avancer sur ce sujet, mais il y a une différence entre l'idée et la mise en œuvre », qui est « complexe », « parce qu'elle appelle une adaptation des logiciels, des conditionnements, de l'étiquetage, du modèle de rémunération des officines », pour laquelle « vous renvoyez à une négociation qui n'a pas commencé », a-t-il estimé.

Lors de l'examen du PLFSS dans l'hémicycle à partir de mardi, les députés repartiront toutefois de la version initiale du gouvernement.

La commission a par ailleurs adopté à l'unanimité un article qui élargit l'accès à la vaccination, permettant notamment le stockage de vaccins dans les services de prévention/santé au travail et les laboratoires de biologie médicale, et voté pour un amendement de Frédéric Valletoux (EPR) qui prévoit d'expérimenter la prescription d'une activité physique adaptée (sport sur ordonnance) par les sages-femmes aux femmes suivies pendant leur grossesse et la période postnatale.

Ils ont enfin refusé de reporter au 1er janvier 2028 - et décalé par amendement au 2 janvier 2027 - la prise en charge de la mutuelle des personnels hospitaliers, derniers travailleurs à ne pas bénéficier d'une telle prise en charge par l'employeur.

« Ce report, année après année (...) c'est pas élégant, pas normal, injuste », a lancé M. Bentz.

« On souhaite tous » cette mesure mais « il faut l'organiser », des négociations avec les syndicats sont en cours et « que nous le voulions ou non, cela ne sera pas fait » début 2027, a souligné M. Bazin.