Des salariés « sont obligés de renoncer à leur travail parce qu'ils ne peuvent plus payer leurs frais d'essence. Et le gouvernement, au lieu de bloquer les prix, au lieu d'augmenter les salaires, fait les poches des salariés, en taxant les malades, en taxant les retraités, en taxant les familles », a dénoncé Sophie Binet sur franceinfo.

« Il n'y a aucune mesure de justice fiscale dans ce budget. Et, encore une fois, ce sont les travailleurs et les travailleuses qui passent à la caisse », selon la secrétaire générale de la CGT.

Pour Sophie Binet, le projet de budget « est non seulement injuste et d'une violence inouïe d'un point de vue social, mais il est très dangereux parce qu'il nous envoie à 200 km/heure dans le mur de la récession ».

Pour le secrétaire national de la CFDT Rui Portal, « ce projet, amené à évoluer lors du débat parlementaire, est déséquilibré entre les efforts demandés notamment aux retraités et aux assurés sociaux et ceux adressés aux entreprises et aux plus aisés ».

« Les mesures concernant les arrêts de travail ou les médicaments, la désindexation (des pensions de retraite) à partir de 1.260 euros sont de mauvais signaux envoyés aux citoyens alors que les exonérations de taxes sont toujours aussi importantes et sans contrepartie », estime M. Portal dans une déclaration écrite envoyée à l'AFP.

« On est face à un budget qui manque cruellement de vision », a regretté pour sa part auprès de l'AFP la présidente du syndicat des cadres CFE-CGC, Christelle Thieffinne.

« J'ai un problème sur l'effort demandé notamment aux salariés et aux citoyens en général », a-t-elle ajouté, évoquant par exemple le fait de rendre payant l'accès aux BTS ou aux classes préparatoires pour les non-boursiers, « un signal qui n'est pas le bon ». Une mesure à laquelle le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray a finalement annoncé jeudi soir que le gouvernement renonçait.

Au nom de l'autonomie des étudiants, Mme Thieffinne a aussi critiqué la suppression prévue des aides personnalisées au logement (APL) pour ceux issus de familles qualifiées d'aisées par le gouvernement.

« La situation est grave, et les jeunes en ce moment n'ont pas besoin de ça », a-t-elle plaidé.

Quant à la sous-indexation ou non-indexation prévue des retraites de base à partir de 1.260 euros de pension globale, sur la base d'un calcul prenant aussi en compte la retraite complémentaire, « ça casse le système à deux étages des retraites », selon la présidente du syndicat des cadres.