Stairling, fondée en 2024 et Incom, lancée en 2025, revendiquent chacune plus de 2.000 chauffeurs VTC sur les quelque 70.000 actifs en France.

Leur attrait ne devrait pas se démentir, alors que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé vendredi à l'AFP que la directive européenne sur les travailleurs indépendants des plateformes ne serait pas transposée avant la date limite du 2 décembre.

Cette directive européenne a pour objectif de renforcer les droits des livreurs de repas à domicile, des aides-ménagères utilisant une plateforme de mise en relation ou encore des chauffeurs VTC, voire de requalifier leur statut en salariat.

« Ce retard n'est pas une bonne nouvelle pour les chauffeurs VTC, qui ont besoin d'un cadre plus protecteur », a estimé Mimoun El Alami, le fondateur de Stairling, dans un message transmis à l'AFP. Mais cela ouvre « une opportunité pour poursuivre la discussion avec tous les acteurs », a-t-il ajouté.

Les deux fondateurs d'Incom, Dany El Oubari et Victor Feuillat, ont eux aussi jugé, dans une déclaration transmise à l'AFP, que ce délai ne devait « pas devenir un temps mort » et que le dialogue devait « se poursuivre dès maintenant pour préparer un cadre plus protecteur et plus lisible. »

Sans attendre la transposition de la directive européenne, les deux start-up ont opté pour un modèle fondé sur le statut d'entrepreneur salarié rattaché à une coopérative, créé dans une loi de 2014 sur l'économie sociale et solidaire.

- Sécurité et autonomie -

Un tel contrat permet à un travailleur indépendant de transformer son chiffre d'affaires en salaire net de charges et donc « d'avoir une fiche de paie et une mutuelle employeur, de pouvoir cotiser au chômage, à la retraite et aux différentes protections sociales auxquelles il a le droit, comme un salarié classique », a expliqué M. El Alami au cours d'un entretien avec l'AFP.

Avec ce modèle de tiers employeur, le chauffeur peut « conserver sa liberté et organiser son activité comme il le souhaite », a de son côté résumé M. El Oubari.

« Il n'y a pas de lien de subordination et, cet été, certains chauffeurs ont pu prendre deux ou trois mois de vacances », a précisé Victor Feuillat.

Stairling et Incom assurent que ce modèle permet aussi aux chauffeurs de gagner davantage que s'ils étaient indépendants.

Selon le dernier rapport de l'autorité de régulation des plateformes d'emploi (Arpe), le pouvoir d'achat réel des chauffeurs VTC travaillant avec les plateformes Bolt, Heetch, Le Cab et Uber, a connu une « érosion significative » entre 2021 et 2025, avec un recul compris entre 7,2% et 12,3%.

La coopérative - qui n'est pas une société de transport - assure aussi la gestion fiscale, administrative et sociale, ce qui permet également de limiter la fraude.

Un aspect non négligeable au vu des montants en jeu. « A la fin de l'année, on sera autour de 100 millions d'euros de flux financiers » gérés par Stairling, a précisé à l'AFP Mimoun El Alami.

Pour gérer et automatiser les différentes tâches, Stairling et Incom ont développé leur propre application mobile. Les deux start-up ont bénéficié, entre autres, du soutien de la banque publique Bpifrance et de Xavier Niel, le fondateur de Free.