La réforme du cumul emploi-retraite n'a pas fini de faire réagir. Alors que le dispositif doit être nettement durci pour les personnes qui liquideront leur retraite à partir du 1er janvier 2027, le gouvernement envisage déjà une exception pour une partie des médecins, selon des informations de Ouest-France.

Adoptée dans le cadre d'une loi votée fin 2025, la réforme modifie en profondeur les règles applicables aux retraités qui poursuivent ou reprennent une activité professionnelle. Aujourd'hui, les assurés qui partent à la retraite avec l'âge légal et une carrière complète peuvent généralement cumuler sans limite leur pension et leurs revenus d'activité. Demain, les conditions seront beaucoup plus restrictives.

Le principe retenu par l'exécutif est simple : limiter davantage l'intérêt financier du cumul emploi-retraite avant 67 ans. Les retraités partis avant l'âge légal, notamment dans le cadre d'un départ anticipé pour carrière longue, verraient leur pension limitée à hauteur des revenus tirés de leur activité. Quant à ceux qui partiraient entre l'âge légal et 67 ans, ils pourraient subir une réduction de pension lorsque leurs revenus professionnels dépassent un seuil qui doit encore être fixé par décret.

Cette évolution inquiète plusieurs secteurs qui s'appuient régulièrement sur des salariés retraités. C'est notamment le cas des médecins libéraux. D'après les chiffres cités par Ouest-France, entre 10% et 15% des praticiens exercent aujourd'hui dans le cadre d'un cumul emploi-retraite.

Pour ces professionnels, le dispositif permet souvent d'alléger progressivement leur charge de travail sans interrompre brutalement leur activité. Une formule particulièrement utile dans un contexte où les remplaçants sont parfois difficiles à trouver et où les tensions d'accès aux soins restent fortes dans de nombreux territoires.

Une exception envisagée pour les médecins des déserts médicaux

Mais les médecins ne sont pas les seuls concernés. Des entreprises de transport ou encore de grands groupes industriels alertent également sur le risque de perdre une réserve de main-d'œuvre expérimentée. Au-delà du simple renfort opérationnel, ces salariés retraités jouent souvent un rôle de transmission des compétences auprès des équipes plus jeunes.

Face à ces critiques, le gouvernement assume toutefois l'objectif de la réforme : réduire le coût du dispositif et encourager d'autres mécanismes de maintien dans l'emploi, comme la retraite progressive.

La micro-entreprise, est-ce encore une bonne idée malgré le nouveau cumul emploi-retraite ?

Pour autant, l'exécutif semble prêt à introduire une dérogation ciblée pour les médecins exerçant dans les zones sous-dotées en offre de soins. Interrogée par Ouest-France, une source gouvernementale indique que ces praticiens devraient être exclus du durcissement des règles. Une mesure qui concernerait potentiellement une large partie des médecins généralistes, les territoires dits « sous-denses » représentant une part importante du territoire français.

L'exception devrait être précisée dans le décret d'application attendu dans les prochains mois. En attendant, l'incertitude pousse déjà certains praticiens à accélérer leurs projets de départ à la retraite afin de bénéficier des règles actuelles avant leur disparition.