Jeudi soir, l'Assemblée a adopté un texte de Soumya Bourouaha pour une revalorisation des bourses étudiantes sur critères sociaux, dispositif qui « ne remplit plus son rôle historique » de « démocratisation de l'enseignement supérieur », pour la députée. Elles sont « parmi les seules aides sociales à ne pas bénéficier d'une revalorisation automatique (...) depuis 2013 (...) alors même que le coût de la vie étudiante a augmenté de près de 30% », a-t-elle fait valoir.
Son texte prévoit ainsi une indexation annuelle automatique, a minima sur l'inflation, mais aussi une « annualisation » du versement, qui reviendrait à verser les bourses « 12 mois sur 12 » plutôt que 10. Des dispositions adoptées à la quasi-unanimité des votants, des groupes de gauche et du Rassemblement national.
Les députés Renaissance, Horizons, LR et UDR (groupe d'Éric Ciotti) se sont abstenus. Ils ont principalement invoqué, à l'instar du ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, un « coût pour les finances publiques », estimé à un peu plus de 500 millions d'euros.
Réactions des organisations étudiantes
« Dans un contexte de précarité étudiante sans précédent, ce vote constitue une avancée importante », juge dans un communiqué la Fage, première organisation étudiante. Les mesures adoptées, « simples et justes », « ne relèvent ni du luxe ni de l'exceptionnel », selon la Fage qui regrette la « position contradictoire » du gouvernement, « opposé à ce texte pour des raisons budgétaires, alors que les économies nécessaires ne sauraient être trouvées sur le dos des étudiants les plus précaires ».
Selon l'Unef, troisième organisation représentative, l'adoption de cette proposition de loi est « une victoire » et « un premier pas », mais les mesures « ne suffiront pas à endiguer durablement et structurellement la précarité étudiante. » L'organisation de gauche milite pour « la création d'une allocation d'autonomie » versée à tous « sans conditions de revenu », « fixée au seuil de pauvreté, soit 1 288 euros ».













