De quoi s'agit-il ?
Créé dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026, il s'agit d'un congé supplémentaire accordé à chacun des deux parents au moment de la naissance ou de l'adoption d'un enfant. D'une durée d'un ou de deux mois selon le choix de chacun, il peut être pris simultanément ou en alternance avec l'autre parent. Il est possible de le fractionner en deux périodes d'un mois.
Ce congé s'ajoute aux congés maternité (16 semaines) et paternité (28 jours) existants. Les parents peuvent aussi recourir ensuite au congé parental, à temps plein ou à temps partiel, jusqu'aux trois ans de l'enfant.
Qui peut en bénéficier ?
Tous les parents d'un bébé né ou dont la naissance était prévue à partir du 1er janvier 2026 sont concernés, selon le ministère de la Santé et des Familles. Les parents qui adoptent un enfant à partir de cette date peuvent aussi en bénéficier, à la suite du congé d'adoption habituel (16 semaines).
En plus des salariés, les indépendants, les fonctionnaires, les contractuels du service public, les militaires, les non salariés agricoles et les assurés des régimes spéciaux sont éligibles à ce nouveau congé.
Quelle indemnité ?
Pour les salariés, la rémunération du nouveau congé sera dégressive : de l'ordre de 70% du salaire net le premier mois et 60% le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, dont la valeur mensuelle s'élève à 4 005 euros au 1er janvier 2026. Il en sera de même pour les fonctionnaires.
A titre de comparaison, l'indemnisation des congés maternité et paternité est aussi calculée en fonction du salaire, dans la limite de ce plafond et en retirant un taux forfaitaire. Celle du congé parental avoisine les 450 euros mensuels.
Les travailleurs indépendants bénéficieront quant à eux d'une indemnité journalière forfaitaire.
A partir de quand ?
Les parents pourront prendre leur congé de naissance à partir du 1er juillet. Ceux dont les enfants sont nés ou adoptés du 1er janvier 2026 au 30 juin 2026 pourront partir en congé de naissance jusqu'en avril 2027, a récemment précisé la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist.
Pour les enfants nés ou arrivés au foyer à partir du 1er juillet 2026, ce congé devra être pris dans les neuf mois suivants. Dans les cas où les congés maternité et paternité sont prolongés, en raison par exemple de naissance de jumeaux ou de dispositions prévues par une convention collective, ce délai est allongé d'autant.
Les parents doivent prévenir leur employeur au moins un mois avant le début de leur congé de naissance, en précisant ses modalités. Ce délai de notification est réduit à 15 jours s'il s'enchaîne à un congé paternité.
Quel objectif ?
Annoncé en janvier 2024 par le président Emmanuel Macron en vue d'un « réarmement démographique », le congé de naissance est présenté par le gouvernement comme une mesure de soutien à la natalité, en déclin marqué en France depuis plusieurs années.
Il « va permettre de renforcer l'égalité entre les femmes et les hommes » et va « donner plus de temps aux familles pour concilier vie professionnelle et vie familiale », tout en « favorisant le bon développement de l'enfant dans ses premiers mois », avait souligné le gouvernement fin 2025. La ministre déléguée chargée de l'Egalité femmes-hommes Aurore Bergé a toutefois reconnu que cette réforme n'allait pas « tout résoudre ».
De son côté, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) s'est réjouie de cette « avancée » tout en appelant à la consolider pour « couvrir complètement la première année de vie de l'enfant ». Des associations féministes, comme Parents & féministes, se sont elles montrées plus mesurées, regrettant la durée réduite et l'indemnisation peu élevée du nouveau congé.
















