En 2024, les salariés au forfait en jours « accomplissent en moyenne 208 heures de plus dans l'année que les salariés à temps complet dont le temps de travail est décompté en heures (1 821 heures, contre 1 613) », selon l'étude de la Dares publiée mardi.

Ces salariés travaillent également plus souvent le soir, entre 20H00 et minuit, que les autres salariés à temps complet, et télétravaillent plus souvent. Plus d'un salarié au forfait en jours sur trois travaille ainsi entre 20H00 et minuit, contre moins d'un salarié à temps complet en décompte horaire sur quatre. En revanche, les autres formes d'horaires atypiques (travail de nuit et le week-end) concernent plus souvent les salariés à temps complet en décompte horaire.

Un système créé en 2000

Le système du forfait en jours a été créé en 2000, dans le cadre de la mise en place des 35 heures de travail hebdomadaires par Martine Aubry. Initialement réservé aux cadres, il a été étendu en 2005 aux salariés non cadres « qui disposent d'une réelle autonomie dans l'organisation de leur temps de travail », rappelle la Dares.

En 2024, 2,4 millions de salariés relèvent de ce système, soit 15,1 % des salariés à temps complet du secteur privé, indiquent les auteurs de l'étude, notant que depuis 2002, « cette part progresse sans cesse et a été multipliée par plus de trois ».

Cette organisation du travail est plus répandue dans les entreprises de grande taille et dans des secteurs comme la finance, l'assurance ou l'information et la communication mais se développe aussi dans d'autres secteurs, comme la construction.

Les salariés le mieux rémunérés sont surtout concernés

Concernant principalement les cadres (84,2% des salariés relevant du forfait en jours dans le secteur privé sont cadres), elle touche également davantage les salariés les mieux rémunérés : 82,3% de ceux qui en relèvent perçoivent un salaire de base situé dans le quart supérieur de la distribution des salaires.

Les cadres au forfait en jours se distinguent par des durées travaillées encore plus élevées que l'ensemble des salariés relevant de ce dispositif. Leur durée annuelle de travail atteint 1 887 heures, soit 147 de plus que celle des salariés cadres à temps complet en décompte horaire.