C'est un chantier social d'ampleur qui se dessine. Le projet de création d'une allocation sociale unifiée (ASU) prévoit de regrouper plusieurs prestations : revenu de solidarité active (RSA), prime d'activité et aides personnelles au logement (APL), en une seule aide calculée selon un « revenu social de référence ». Objectif affiché : simplifier le système et inciter davantage à la reprise d'activité.
Dans les faits, la réforme repose sur une logique claire : augmenter les gains liés au travail, y compris pour les emplois faiblement rémunérés. Le montant de l'ASU dépendra ainsi à la fois des revenus et de la composition du foyer, avec des règles harmonisées entre les différentes aides. Mais cette refonte, annoncée « à l'euro constant », ne sera pas neutre pour les ménages.
Près de 3,8 millions de ménages gagnants
D'après les simulations de la Drees, citées par Le Parisien, environ 3,77 millions de ménages verraient leur revenu disponible progresser, avec un gain moyen de l'ordre de 100 euros par mois. Les principaux bénéficiaires seraient les ménages les plus modestes : plus des deux tiers des gagnants appartiennent aux 20% les plus pauvres.
Le gouvernement assure par ailleurs vouloir protéger les foyers sans revenus ou très faiblement rémunérés. Ceux percevant jusqu'à un demi-smic ne seraient pas pénalisés, tandis que la reprise d'un emploi resterait financièrement incitative. Dans certains cas, le gain lié au retour à l'emploi serait même renforcé, avec un différentiel de ressources plus important qu'aujourd'hui.
Autre effet attendu : la réduction du non-recours. La création d'un compte social unique, prévue dès 2027, doit faciliter les démarches et élargir le nombre de bénéficiaires, notamment pour le RSA, encore peu sollicité par une partie des ayants droit.
Des perdants presque aussi nombreux
En miroir, près de 4 millions de ménages pourraient voir leurs aides diminuer. Là encore, la perte moyenne tournerait autour de 100 euros mensuels, selon les estimations reprises par Le Parisien. Les profils les plus touchés seraient ceux disposant de revenus modestes mais supérieurs aux seuils les plus bas.
Les simulations montrent notamment que certains propriétaires, en particulier ceux sans crédit en cours, seraient plus souvent pénalisés que les locataires à niveau de revenu équivalent. À partir d'environ un smic, leur revenu disponible aurait tendance à reculer.
Ce point suscite déjà des critiques. Plusieurs acteurs du logement alertent sur le risque de fragiliser des ménages modestes, notamment en zone rurale, déjà confrontés à la hausse des charges et des coûts liés à l'entretien de leur logement.
Si les grandes orientations sont posées, le dispositif reste en phase de concertation et pourrait évoluer d'ici son entrée en vigueur, prévue à l'horizon 2030. L'exécutif se veut rassurant, en assurant que des ajustements restent possibles.

















