Employer une aide à domicile pourrait bientôt coûter plus cher pour une partie des seniors. Selon une information des Échos, le gouvernement envisage de relever l'âge à partir duquel les particuliers employeurs bénéficient d'une exonération de cotisations sociales. Aujourd'hui fixé à 70 ans, ce seuil pourrait être porté à 80 ans, d'après un projet de décret consulté par le quotidien économique. L'objectif affiché : recentrer ce dispositif jugé trop large, et peu ciblé sur les publics les plus fragiles.

Du côté de l'exécutif, cette exonération est considérée comme insuffisamment redistributive. Elle repose uniquement sur un critère d'âge, sans condition de ressources ni de dépendance. Dans un contexte de hausse de l'espérance de vie en bonne santé, les pouvoirs publics estiment donc nécessaire d'en limiter le périmètre.

L'entourage du ministre du Travail et des Solidarités défend ainsi une logique de recentrage vers les personnes réellement dépendantes ou disposant de faibles revenus. Les bénéficiaires de dispositifs comme l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) ou la prestation de compensation du handicap (PCH) ne seraient pas concernés par ce tour de vis.

Des économies qui ont du mal à passer auprès des professionnels du secteur

La mesure, qui pourrait être adoptée rapidement, permettrait à l'État d'économiser environ 100 millions d'euros, selon la direction de la Sécurité sociale.

Cette évolution suscite toutefois de vives réactions parmi les professionnels de l'aide à domicile. Plusieurs organisations du secteur dénoncent un décalage avec les politiques affichées en faveur du maintien à domicile, alors même que le vieillissement de la population constitue un enjeu majeur.

Service d'aide à domicile : attention aux frais cachés et au manque d'information sur les prix

Dans un courrier adressé au gouvernement, des fédérations comme la Fepem ou la Fesp alertent sur les conséquences potentielles d'une telle réforme. Elles redoutent notamment une hausse du coût pour les particuliers employeurs, estimée autour de 15% pour près de 350 000 personnes.

Concrètement, ce renchérissement pourrait pousser certains employeurs à réduire le nombre d'heures déclarées, voire à renoncer à ces services. Un scénario qui inquiète particulièrement la Fédération des particuliers employeurs, qui évoque un risque de destruction d'emplois et de développement du travail dissimulé.

Selon plusieurs acteurs, la hausse du coût pourrait représenter environ 2,5 à 3 euros supplémentaires par heure pour les particuliers concernés. Un surcoût non négligeable, mais qui reste absorbable si les autres dispositifs de soutien sont maintenus.