Cela ne signifie pas pour autant que des salariés soient payés au dessous du Smic – l'employeur devant combler l'écart – mais lorsque plusieurs niveaux d'ancienneté sont rattrapés par le salaire minimum, cela génère un « tassement » des grilles salariales. La CGT estime que, dans le secteur public, ce sont « 356 000 personnes » qui sont concernées par ces minima conventionnels inférieurs au Smic.

En France, le Smic est le seul salaire indexé sur l'inflation et les branches professionnelles ayant des minima sous son niveau sont régulièrement rappelées à l'ordre. Pour « que le travail paye mieux », l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne, avait menacé en octobre 2023 de sanctionner les branches qui garderaient des minima sous le Smic et promis un « texte de loi » soumis au Parlement. A l'époque, 56 branches n'étaient pas en conformité – dont une dizaine de manière durable – sur quelque 170. Ce nombre a été ramené à une trentaine début 2024.

Le décret encadrant les sanctions pas encore publié

Reste que « trois ans après, cet engagement n'a pas été tenu », tacle la CGT. « Le Parlement a pourtant voté en novembre 2025 un amendement » dans le budget de la Sécurité sociale (article 20) « prévoyant de premières sanctions », mais le « décret n'a toujours pas été pris » et « la liste des branches avec des minima sous le Smic continue à s'allonger à chaque hausse du Smic », dénonce la centrale.

Parmi les fédérations concernées, on trouve celle du commerce, des sociétés d'étude et de la santé-action sociale, détaille le syndicat.

Avec la hausse rapide de l'inflation, la centrale de Montreuil exige, entre autres, une « augmentation générale de tous les salaires » au moyen de négociations dans les entreprises et par « la fin du gel du point d'indice des fonctionnaires » dans la fonction publique, ainsi qu'une hausse du Smic « à 2 000 euros brut » et des « sanctions [contre] les branches dont les minima sont inférieurs ».

Environ 2,2 millions de salariés du secteur privé, soit 12,4% d'entre eux, étaient rémunérés au Smic au 1er novembre, selon les données du ministère du Travail. Le Smic a été revalorisé sans coup de pouce le 1er janvier pour s'établir à 1 823,03 euros brut par mois.