Chez les hommes, la proportion n'est que de 32%, selon l'enquête réalisée en décembre auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 cadres du secteur privé.
Les femmes sont 57% à considérer qu'une telle demande sera « mal perçue » par l'employeur ou le manager, contre 46% des hommes. Elles sont aussi plus nombreuses (39% contre 31%) que leurs collègues masculins à estimer que cela « ne changerait rien » à leur situation.
De leur côté, « 70% des entreprises sont circonspectes quant aux effets réels de la directive », a précisé Laetitia Niaudeau, directrice générale par intérim de l'Apec, lors d'une présentation de l'étude à la presse.
La transposition en France de la directive, qui doit en principe intervenir au plus tard le 7 juin, prend du retard, un projet de loi « étant attendu à l'automne à l'Assemblée nationale pour une mise en uvre, on l'espère, sur les premiers éléments de la loi en début d'année 2027 », a indiqué Laetitia Niaudeau.
6,8% d'écart à profil équivalent
Pour obtenir une augmentation, les femmes considèrent à 44% qu'elles « doivent fournir plus d'efforts que les hommes », une opinion qui n'est partagée que par 13% de leurs collègues masculins. L'écart de rémunération médiane entre les femmes et les hommes cadres a augmenté de 2 000 euros entre 2024 et 2025, atteignant 16%, retrouvant son niveau de 2018, selon une autre enquête de l'Apec datant du mois de novembre.
Cette rémunération médiane s'est élevée à 50 000 euros pour les femmes et à 58 000 euros pour les hommes.
La différence vient en partie de la ségrégation professionnelle. Les cadres les mieux payés se trouvent dans la production industrielle et la maintenance (63 000 euros de salaire médian), où il y a 87% d'hommes, tandis que les moins bien rémunérés sont dans la communication, la création et la culture (45 000 euros), où les postes sont occupés à 64% par des femmes.
« L'autre facteur important, c'est que les femmes accèdent moins aux postes à forte responsabilité que les hommes », a expliqué ce mardi Hélène Garner, directrice des données et des études de l'Apec. A profil équivalent, l'écart reste encore de 6,8%. Il n'est que de 2% en début de carrière, chez les moins de 35 ans, et augmente progressivement pour atteindre 12% après 55 ans.
















