Les pensions complémentaires des 13 millions d'anciens salariés du secteur privé seront revalorisées de 1% à compter du 1er novembre, soit 0,5 point de moins que l'inflation, a annoncé jeudi le régime de retraite Agirc-Arrco.

Syndicats et patronat, qui gèrent la caisse de retraite des salariés du privé, ont « décidé d'appliquer un écart de 0,5 point » par rapport à la dernière prévision d'inflation (hors tabac) de l'Insee, a indiqué l'Agirc-Arrco dans un communiqué.

Les partenaires sociaux ont donc fait le choix d'utiliser toute la latitude qu'ils se sont donnée dans le dernier accord conclu en juillet entre les trois fédérations d'employeurs (Medef, CPME, U2P) et deux organisations de salariés (CFDT, CFTC). Cet avenant a donné au conseil d'administration du régime « une marge de manœuvre plus importante que celle prévue initialement », fixée à 0,2 point depuis 2019.

Rétablir la « trajectoire d'équilibre

L'objectif assumé est de rétablir la « trajectoire d'équilibre » mise à mal par le Covid-19, qui a provoqué un déficit de plus de 4 milliards d'euros en 2020. Une perte qui empêche l'Agirc-Arrco de respecter sa « règle d'or »: toujours garder en caisse 6 mois d'avance à un horizon de 15 ans.

« C'est une décision responsable », a affirmé le président de l'Agirc-Arrco, Didier Weckner (Medef), lors d'une conférence de presse. Sa vice-présidente Brigitte Pisa (CFDT) a expliqué que « c'est ce qui permettait de respecter la règle d'or ».

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Si toutefois l'inflation s'avère en fin de compte supérieure à 1,5% en 2021, « un rattrapage automatique » est prévu lors de la prochaine revalorisation, en novembre 2022. « C'est conforme à ce qu'on a signé, il n'y a pas de surprise », a réagi Pascale Coton (CFTC), soulagée « qu'on ne touche pas au fonds d'action sociale du régime, qui a aidé beaucoup de retraités en difficulté pendant la crise sanitaire ».

A l'inverse, Michel Beaugas (FO) a voté contre cette sous-indexation, critiquant une « instrumentalisation du niveau des réserves » et rappelant que « les entreprises n'ont pas participé à l'équilibre du régime depuis dix ans ».

Pierre Pluquin (CGT) s'y est également opposé, estimant que « ce n'est pas aux retraités de payer alors que l'inflation repart à la hausse » et « qu'on aurait pu admettre de puiser dans les réserves et de déroger à la règle des six mois ».