Des conséquences majeures pour le portefeuille des particuliers. Une série de dossiers chauds se bousculent sur le front des retraites. Erreurs sur les versements, risque de non-revalorisation des pensions ou encore possible allongement de la durée de cotisation, MoneyVox fait le tour de ce qui se trame.

Aurez-vous moins d’erreurs sur le versement de votre pension ?

C’est un problème qui fait désordre. Après avoir cotisé tout au long de sa carrière pour la retraite, on est en droit de s’attendre à toucher une pension en bonne et due forme. Sauf que ce n’est pas toujours le cas. La Cour des comptes a détaillé l’étendue des dégâts dans son récent rapport sur la certification des comptes du régime général de sécurité sociale. Il en ressort qu’entre « 2016 et 2020, la proportion des prestations de retraite affectées par une erreur de portée financière a augmenté de près de moitié, de 11,5% à 16,4% ». En résumé, le constat alarmant, établi sur la base d’un échantillon représentatif de 9 386 dossiers, touche désormais un retraité sur six ! « Dans plusieurs caisses, cette proportion atteint une prestation sur cinq », dénonce la Cour, citant la CNAV d'Île-de-France et les CARSAT Hauts de France, Languedoc-Roussillon et Sud-Est. Dans 75% des cas, les erreurs se font au détriment des assurés.

Et cette situation touche particulièrement certaines prestations comme l’allocation de solidarité aux personnes âgées qui représente 24% des erreurs. Même si la principale source (49,5%) reste celle liée aux éléments de la carrière professionnelle pris en compte pour calculer les droits à la retraite. « Les données de carrière déclarées et reportées aux comptes des assurés en vue d’ouvrir des droits à retraite, de même que le dispositif permettant leur régularisation, présentent une fiabilité insuffisante », constate ainsi la Cour des comptes. Au final, en 2020, le manque à gagner « médian » lié aux erreurs de calculs était de 123 euros. Mais certaines sont bien plus élevées. Près de 10% dépassaient les 1 000 euros en 2019, expliquait la Cour dans une précédente enquête. Dans ce contexte, le gouvernement exige, pour 2021, « une nette amélioration de la qualité de la liquidation des prestations versées, notamment une réduction de la fréquence des anomalies » avec la mise en place d’un plan d’action spécifique.

Et il y a urgence car ces erreurs peuvent avoir un effet prolongé, jusqu’au décès du bénéficiaire. « Ainsi, les erreurs intervenues en 2020, si elles ne sont pas recherchées et corrigées a posteriori, auront un impact financier cumulatif de 1,6 milliard d'euros au titre du paiement de ces prestations leur vie durant aux personnes nouvellement retraitées, contre 1,1 milliard d'euros pour celles de l’année précédente », explique la Cour des comptes.

Votre retraite complémentaire sera-t-elle gelée ?

Depuis un mois, les partenaires sociaux négocient ferme pour ramener à l'équilibre les régimes de retraite complémentaire de 13 millions de particuliers versés par l’Agirc-Arrco. Le dispositif, auquel cotise actuellement 19 millions de cadres et de salariés du privé, a perdu 4 milliards d'euros en 2020 sur fond de crise sanitaire avec la mise en place massive du chômage partiel qui l’a privée d'une partie de ses ressources. Une situation délicate alors que les prévisions pour les années à venir sont incertaines.

Le système actuel n’est pas au bord du gouffre puisque les coffres de l’Agirc-Arrco sont dotés de 62,6 milliards d’euros à la fin 2020, soit près de 9 mois de versement de prestations en réserve. Mais pour éviter de passer sous le ratio de sécurité fixé à 6 mois, mieux vaut anticiper. Une des pistes sur la table est de geler les pensions de retraite pendant un certain laps de temps ou bien de les revaloriser sans suivre la progression de l’inflation. Une potion amère déjà appliquée pas plus tard que l’an dernier. Les pensions complémentaires des anciens salariés du privé n’ont pas été revalorisées au 1er novembre. Mais cette solution divise les parties prenantes.

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Verdict... La dernière réunion sur le sujet, jeudi 22 juillet, a donné lieu à un accord entre le Medef, la CFDT et la CFTC non pas pour figer les retraites complémentaires mais pour offrir une « souplesse » de 0,5 point par rapport à la hausse des prix. En clair : si l'inflation reste à 1,5%, la revalorisation de novembre 2021 pourrait se limiter à 1%. Cet accord doit être validé d'ici la mi-septembre.

Retraites complémentaires : les pensions grimperont moins vite que les prix

Et la retraite de base ?

Pas d'inquiétude à avoir pour les 16,2 millions de retraités. Emmanuel Macron a promis qu’à partir de 2021, contrairement à la décision prise pour 2020, « il n'y aura plus de sous-indexation de quelque retraite que ce soit », c’est-à-dire que les pensions doivent progresser au même rythme que la hausse des prix, a minima. Au 1er janvier de cette année, la retraite de base a été augmentée de 0,4%. Avec le retour de l'inflation, +1,5% minimum cette année, une augmentation équivalente des pensions se profile donc pour le 1er janvier 2022. A quatre mois de l'élection présidentielle, l'exécutif ne devrait pas chercher à se mettre à dos une frange de son électorat.

2 bonnes et 2 mauvaises nouvelles pour votre retraite

Allez-vous devoir travailler plus longtemps ?

Elle fait son retour comme par magie. Eclipsée par l’épidémie de Covid-19, la réforme des retraites a été réactivée par le chef de l’Etat. « Dès que les conditions sanitaires seront réunies », elle sera engagée a annoncé Emmanuel Macron à la mi-juillet. Et « parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps et partir à la retraite plus tard ». Jusqu’à 64 ans selon l’entourage de l’exécutif. Une mesure qui est loin de faire l’unanimité. Si 7 Français sur 10 sont favorables à une réforme des retraites selon un récent sondage OpinionWay-Square pour « Les Echos » et Radio Classique, ils ne sont plus qu'un sur 5 à vouloir augmenter l’âge légal de 62 à 64 ans d'après une enquête Elabe.

En fait, seule une personne sur deux souhaite une telle réforme avant le prochain scrutin présidentiel. Pour une fois, syndicats et patronat pensent la même chose. Tout porte à croire que ce dossier explosif, qui selon l’Elysée doit amener aussi à supprimer les 42 régimes spéciaux ou encore à octroyer une pension minimale de 1 000 euros par mois pour une carrière complète, sera surtout l’un des enjeux clefs de la prochaine campagne électorale.

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