Lancé en 2004, le Plan dépargne pour la retraite collectif (Perco), produit dépargne salariale, fait partie des rares placements qui bénéficient encore du régime de cotisations sociales dit des « taux historiques ». Et encore : uniquement les Perco ouverts jusquà la fin 2017. Il sagit dune rare exception à la règle générale des prélèvements sociaux.
Pour rappel, la règle générale : tout revenu du capital (hors intérêts du livret A, LEP ou LDDS) est soumis aux prélèvements sociaux, à hauteur de 17,2%. Un prélèvement qui sadditionne dans de nombreux cas à un taux fixe dimpôt sur le revenu (12,8%) pour constituer les 30% du prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou « flat tax ». La norme est donc un taux de cotisations sociales unique de 17,2%, prélevé soit chaque année sur les intérêts, soit au moment du retrait, quand le fisc constate les gains issus du placement.
Il existe une exception à cette règle, pour une poignée de produits, dont les Perco ouverts jusquen 2017, qui profitent des « taux historiques » : le fisc prend en compte le taux de cotisations sociales en vigueur au moment où les revenus ont été générés. Par exemple, en cas de retrait sur un « vieux » Perco, les revenus générés lors de lannée 2006 sont taxés à hauteur de 11% de cotisations sociales, et les revenus de lannée 2014 à 15,5%. Ce qui oblige les gestionnaires de Perco à conserver tout lhistorique des versements et gains sur ces produits.
Certains PER profiteront des « taux historiques »
Les nouveaux plans dépargne retraite ne prévoient initialement pas le maintien des taux historiques, puisquil sagit dune exception vouée à disparaître. Problème : à ce jour, les chanceux détenteurs de vieux Perco nont aucun intérêt à transformer leurs vieux Perco en PER - seuls produits dépargne retraite accessibles à la souscription depuis octobre 2020 si cette opération leur fait perdre le bénéfice des taux historiques.
Cest la raison pour laquelle les députés ont adopté un amendement présenté par Cendra Motin (LREM), en première lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021 (PLFSS 2021) : cet amendement permet de « conserver cet avantage pour les sommes versées sur ces plans avant le 1er janvier 2018 », comme lexplique lexposé de lamendement. Cette mesure a été intégrée au PLFSS 2021 voté le 27 octobre, en première lecture, à lAssemblée nationale. Cet amendement lève donc un frein aux transferts de plans dépargne salariale vers les PER.
Déjà de nombreux transferts vers les PER
Selon les statistiques de lAFG, groupement représentant les gestionnaires dactifs, 3,1 millions de salariés ont investi leur épargne salariale sur un plan d'épargne retraite collectif, qu'il s'agisse d'un Perco ou d'un tout nouveau PER, pour 20,5 milliards d'euros d'encours au total.
Depuis le lancement du PER, en octobre 2019, « plus de 130 000 entreprises et 530 000 salariés bénéficient du nouveau dispositif PER dentreprise collectif, pour un encours de plus de 4,8 milliards deuros à fin juin 2020 », précise lAFG, dans un communiqué diffusé mi-octobre. « Sur le premier semestre de lannée, près de 31 000 entreprises ont transformé leur ancien dispositif Perco en nouveau PER dentreprise collectif et près de 7 000 ont mis en place ce nouveau dispositif pour leurs salariés. »



















