Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a fixé dimanche sur Europe 1 les grandes lignes de l'action du gouvernement dans les jours à venir, allant de la réforme des retraites à la sécurité, en passant par le budget et le remaniement annoncé.

Invité du "Grand rendez-vous" Europe 1/le Parisien, il a défendu la réforme des retraites, en prévenant toutefois que "le fond" de celle-ci "ne pouvait pas changer", car elle 'est nécessaire". Avant la journée de manifestations et de grève mardi, jour du début de l'examen de la réforme par l'Assemblée nationale, Claude Guéant a affirmé que sur "la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés", le gouvernement ferait "dans le courant de la semaine prochaine des propositions supplémentaires".

Le bras droit de Nicolas Sarkozy a en outre apporté son soutien au ministre du Travail Eric Woerth qui, pris dans la tourmente de l'affaire Bettencourt, défendra la réforme des retraites. "Rien de ce qu'il lui a été reproché ne tient", a-t-il dit, en le décrivant comme un homme "fort".

Un gouvernement resserré

S'agissant du remaniement annoncé par le chef de l'Etat, après le vote des retraites, soit fin octobre "ou de l'ordre de novembre plus exactement", M. Guéant a affirmé qu'un changement de Premier ministre n'était "pas décidé". Alors que des rumeurs de presse le donnent comme pouvant entrer dans le gouvernement, Il a écarté cette hypothèse "pas fondée". Il a évoqué de nouveau un gouvernement "resserré", en soulignant que le président aurait "à l'esprit la référence" du premier gouvernement de François Fillon avec "16 ministres".

Quant à une déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy pour un second mandat, M. Guéant a expliqué que le temps "n'était pas venu". Pour lui qui souhaite "de toutes ses forces" que le chef de l'Etat se représente, le moment viendra "fin 2011".

Allégeance à Sarkozy

Concernant l'état de la majorité et de l'UMP, il a relativisé la tribune dans le Figaro de quatre chiraquiens -Jean-François Copé, François Baroin, Bruno le Maire et Christian Jacob -, estimant que c'était "un acte d'allégance" à Nicolas Sarkozy. Faisant valoir que le président avait été "le premier à parler de rassemblement", il s'est félicité de l'initiative de Jean-Louis Borloo, qui a réuni à Lyon samedi les familles centristes.

Toutefois, M. Guéant a concédé qu'on "préfèrerait se passer de certaines expressions", en référence notamment aux attaques de Patrick Devejian contre Xavier Bertrand à la tête de l'UMP ou à celles de M. Copé.

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Pas de stigmatisation

Le secrétaire général de l'Elysée a par ailleurs accusé les socialistes de "mentir" lorsqu'ils affirment que la délinquance a augmenté. "C'est absolument faux (...) les socialistes n'ont pas de leçons à donner". A propos des expulsions de Roms, il a annoncé que Nicolas Sarkozy recevrait le cardinal André Vingt-trois "la semaine prochaine". Au lendemain de manifestations ayant rassembler entre 77.000 et 100.000 personnes, M. Guéant a justifié ces expulsions, en assurant qu'il n'y avait "pas de stigmatisation".

Questionné sur les arbitrages attendus de M. Sarkozy sur une extension de la déchéance de nationalité, il a semblé exclure la polygamie, en n'évoquant que les auteurs de meurtres de policiers ou de toute autre personne détentrice de l'autorité de l'Etat. Cette mesure sera présentée, a-t-il dit, sous forme d'amendement au projet de loi que défendra bientôt Eric Besson (Immigration).

En matière fiscal et budgétaire, M. Guéant n'a pas exclu une évolution du bouclier fiscal afin d'inciter les contribuables les plus aisés à investir dans les petites et moyennes entreprises (PME).