Dix-neuf organisations de jeunesse, dont l'Unef, ont rendu public vendredi un appel défendant la retraite à 60 ans, s'opposant à un allongement de la durée de cotisation et demandant l'intégration des études, stages et "périodes d'inactivité forcée" dans le calcul des retraites.

Cet appel, qui sera disponible à l'adresse www.retraites-jeunes.net, est signé - outre l'Union nationale des Etudiants de France (Unef), l'UNL et la FIDL (lycéens) - par Sud étudiant, l'UEC, Génération précaire, Attac Campus, la Jeunesse ouvrière chrétienne, la mutuelle LMDE, plusieurs organisations politiques comme le Mouvement des Jeunes socialistes, le Mouvement des Jeunes communistes français et Jeunes Verts. S'y sont associés la CGT et la Fédération des syndicats universitaires.

« Il est de notre responsabilité d'intervenir aujourd'hui dans le débat qui vient de s'ouvrir sur l'avenir du système de retraite », alors que « le ministre du travail a engagé à marche forcée des discussions avec les partenaires sociaux », a déclaré Jean-Baptiste Prévost, le président de l'Unef, lors d'une conférence de presse.

Ces organisations ne veulent pas être les « grands oubliés d'un débat qui [les] concerne tous », souligne l'appel. « Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition », ajoute le texte, intitulé : « La retraite, une affaire de jeunes ».

« Nous dénonçons la double peine que nous imposerait un nouvel allongement de la durée de cotisation ou un recul de l'âge légal de départ en retraite », peut-on lire encore.

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Les années de formation, de stage et « d'inactivité forcée » à prendre en compte pour la retraite

Les 19 organisations exigent par ailleurs de prendre en compte « l'évolution de la société ». A ce titre, elles réclament « la validation des années d'études et de formation », des « périodes de stages » et des « périodes d'inactivité forcée » dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite. Devant la presse, elles ont insisté sur la « nécessité » d'ouvrir un débat plus large sur les financements du système de retraite et réclamé une politique de lutte contre le chômage des jeunes.

L'appel se veut un « point de départ d'une campagne de sensibilisation » des lycéens, étudiants, jeunes en insertion, alors que la question des retraites n'est pas forcément la première des préoccupations d'une jeunesse qui cherche un boulot et un logement, a fait valoir l'Unef.

Plusieurs membres ont souligné le caractère « unitaire » et « inédit » de cet appel et l'ont comparé à la mobilisation qui s'était développée en 2006 contre le contrat de première embauche. Une réunion du collectif est prévue le 10 mai, notamment pour « prendre des décisions d'actions communes », a précisé l'Unef.