Si l'avenir de ces pistes dépendra de la volonté des politiques ou des partenaires sociaux de s'en emparer en cette année électorale, elles pourraient peser dans les débats.

Retraites : un « âge d'équilibre »

Les trois garants de la conférence, exercice de dialogue social qui a réuni les partenaires sociaux, à l'exception du Medef, pendant plus de six mois, soulignent les « graves inconvénients » que représenterait une suppression de l'âge légal, pénalisante pour les personnes aux carrières hachées. Ils se prononcent toutefois pour un « âge d'équilibre », distinct de la durée de cotisation requise.

Décote et surcote s'appliqueraient en deçà et au-delà de cet âge, défini pour assurer l'équilibre du système et qui pourrait évoluer avec, notamment, l'espérance de vie.

« Partir plus tôt serait possible à la condition, sauf régime de retraite anticipée, d'accepter une décote significative et, en réalité, dissuasive », écrivent-ils.

Tout en craignant que ce dispositif complexifie encore le système, le vice-président des Entrepreneurs (ex-CPME) Eric Chevée trouve pertinent d'introduire l'idée que « quels que soient les âges auxquels on se réfère, ils vont devoir être mobiles en fonction de l'évolution de l'espérance de vie ou de l'espérance de vie en bonne santé ».

CGT et Solidaires rejettent cet âge d'équilibre. La CGT y voit « un moyen hypocrite de reporter l'âge de départ en retraite sans réforme ».

Pénibilité et retraites anticipées

En 2025, le conclave sur les retraites avait achoppé sur la prise en compte de la pénibilité. Deux approches s'étaient opposées, l'une collective, l'autre individuelle. La première reposait sur une cartographie des métiers exposés à certains risques (postures pénibles, vibrations mécaniques...) permettant aux salariés concernés d'acquérir des points; la seconde sur la constatation par un médecin des séquelles sur la santé de chaque salarié.

Les garants proposent de reprendre le mécanisme collectif de présomption de pénibilité dans certains métiers, couplé à une visite médicale en fin de carrière, pouvant déclencher une retraite anticipée ou un passage à temps partiel avec maintien de salaire.

Le secrétaire général adjoint de la CFDT Yvan Ricordeau y entrevoit la possibilité de « corriger une inégalité face à la retraite en fonction du travail qu'on a eu auparavant ».

Et la capitalisation ?

Le document mentionne la capitalisation, chiffon rouge pour certains syndicats, mais souligne que la voie de « la substitution totale d'un système par capitalisation à celui par répartition » doit être écartée. Il avance en revanche que si la capitalisation était retenue comme système additionnel, cela devrait couvrir « l'ensemble des catégories de salariés », afin de ne pas créer de nouvelles inégalités.

« Il y a un enjeu d'accès à l'épargne-retraite pour tous les salariés », estime la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon vendredi dans Libération, soulignant qu'aujourd'hui, seule « une petite partie des salariés des grandes entreprises » en bénéficie.

IA et emploi

Le document souligne la nécessité d'un accord national interprofessionnel sur l'intelligence artificielle, ainsi que d'investissements massifs du secteur public dans l'IA.

« Ce n'est plus le moment de se demander si on est pour ou contre. Il faut qu'on soit au meilleur niveau en France et notamment pour la fonction publique », approuve Christelle Thieffinne de la CFE-CGC, le syndicat de l'encadrement.

Emploi des jeunes et orientation

L'apprentissage « ne saurait être une variable d'ajustement budgétaire », pose le document, alors que les aides aux entreprises ont été revues à la baisse en 2025 et 2026.

Si l'amélioration de l'orientation et son pilotage « à l'échelle des bassins d'emploi et des zones d'éducation » semble faire consensus, les garants s'interrogent plus prudemment sur la possibilité de rapprocher l'école du monde du travail.

« Il ne s'agit pas de subordonner totalement, bien sûr, la formation dans les filières universitaires et scolaires aux besoins de l'économie, mais on dit, quand même, que le fait d'envoyer des milliers d'étudiants dans les filières sans avenir, pose un problème », a expliqué le garant coordonnateur, Jean-Denis Combrexelle.