1 - L'annonce à retenir : 2%

L'Insee a dévoilé une première estimation de l'inflation annuelle pour 2026 : +2%. Cette estimation sera révisée dans 3 mois, dans la prochaine note trimestrielle de l'Insee, mais la base de négociation est désormais connue.

Elle est évidemment plus haute que prévu, par rapport aux projections des économistes début 2026. En cause : la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël en Iran, et l'envolée des prix du pétrole qui a suivi, du fait du blocage - en cours de résolution - du détroit d'Ormuz.

Taux d'inflation annuel
AnnéeTaux d'inflation
20262% (estimation de l'Insee)
20250,9%
20242% (et 1,8% hors tabac)
20234,9%
20225,2%
20211,6%
20200,5%

Inflation annuelle (d'une année par rapport à la précédente) - Insee

2 - La règle de calcul de revalorisation

Extrait de l'accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023, noué entre organisations patronales et syndicales, qui copilotent le régime complémentaire : « La valeur de service du point évolue au 1er novembre de chaque année comme les prix à la consommation hors tabac estimée pour l'année en cours moins un facteur de soutenabilité de 0,40 point. »

Précision : l'inflation est « évaluée par référence à la dernière prévision pour l'année en cours publiée par l'Insee de l'indice des prix à la consommation en moyenne annuelle hors tabac ». La valeur de référence à retenir est donc de 1,6%, soit 2% d'inflation annuelle hors tabac, moins 0,4.

Sur cette base, le « conseil d'administration [de l'Agirc-Arrco] fixe, chaque année de 2024 à 2026 inclus », la nouvelle valeur du point Agirc-Arrco. Avec là encore une marge de manœuvre de plus ou moins « 0,4 point ». En clair, la fourchette va de 1,2% à 2%.

3 - L'inconnu : des négociations plus fructueuses qu'en 2025 ?

La fourchette de 1,2% à 2% est bien la base de départ des négociations, comme l'a confirmé une source proche du dossier à MoneyVox. Comme l'an passé, avec des arguments similaires, les organisations patronales vont probablement pousser pour la prudence financière et une hausse limitée à 1,6% ou moins.

Et les syndicats de salariés, qui militaient pour du 1% l'automne dernier, vont sans surprise réclamer du 2%. Surtout avec le contexte du gel de l'an passé, et donc d'une non-revalorisation en 2025 alors que l'inflation annuelle était finalement de 0,9%.

« Il y a tous les ans une négociation pour que le conseil d'administration décide des revalorisations. Le dialogue se poursuit. Il aura lieu en octobre »

Une compensation est-elle envisageable ? Cette revendication va probablement intervenir dans les négociations. C'était la tonalité au printemps, à l'image des propos de Regis Mezzasalma, conseiller confédéral retraites de la CGT, auprès de MoneyVox début avril : « Nous dénonçons l'attitude du patronat qui a bloqué la revalorisation l'an dernier et continuons d'exiger le rattrapage de ce gel ». Malgré cette volonté, la porte semble être fermée pour une compensation : la même source proche du dossier nous explique qu'il ne sera pas envisageable de rattraper, en 2026, l'absence de revalorisation 2025.

Tout se jouera à la rentrée, comme le rappelait en avril la présidente du régime complémentaire, Diane Milleron-Deperrois, venue du Medef et représentant le patronat au sein du conseil d'administration : « Il y a tous les ans une négociation pour que le conseil d'administration décide des revalorisations. Il n'y a pas eu d'accord cette année [en octobre 2025, pour la revalorisation au 1er novembre 2025, NDLR]. Le dialogue se poursuit. Il aura lieu en octobre. » Suspense.

Retraites, impôt sur le revenu, livrets, Smic... Ce qui va changer avec l'inflation 2026 à 2%