Le PER ou Plan d'épargne retraite permet comme son nom l'indique de placer votre épargne tout au long de votre vie active afin de bénéficier d'un complément de revenus à la retraite. Sur le papier, cela semble prometteur. Mais le PER est-il vraiment intéressant pour tout le monde ?

Ouvrir un Plan d'épargne retraite (PER) permet de se constituer un capital afin d'augmenter ses revenus à la retraite. Oui, mais l'avantage phare du PER reste en premier lieu la déductibilité fiscale des versements volontaires effectués. Et plus vous êtes imposé, c'est-à-dire plus votre taux marginal d'imposition (TMI) est élevé, plus le PER et sa déduction fiscale sur les versements sont intéressants. Par conséquent, ce placement s'adresse-t-il à tous les types d'épargnant ou n'est-il réservé qu'aux plus aisés ?

Les sommes volontairement versées sur un Plan d'épargne retraite sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 32 909 euros pour 2022. Prenons le cas d'un célibataire : avec 50 000 euros de revenus imposables, il fait partie de la tranche d'imposition à 30%. S'il verse 3 000 euros sur son PER d'ici la fin de l'année, il sera imposé seulement sur 47 000 euros de revenus et pourra économiser 900 euros d'impôts (30% de 3 000 euros).

Barème 2023 pour l'impôt sur les revenus 2022
Tranche de revenu par part fiscaleTaux applicable pour la tranche
Jusqu'à 10 777 €0%
De 10 777 € à 27 478 €11%
De 27 478 € à 78 570 €30%
De 78 570 € à 168 994 €41%
Plus de 168 994 €45%

Barème revalorisé sur la base d'une inflation annuelle de 5,4%.
Barème provisoire, sous réserve d'adoption du projet de loi de finances pour 2023.

Impôt sur le revenu : comment déduire votre épargne retraite

L'effet de levier pour tirer le maximum de ce produit d'épargne

Mais pour tirer pleinement profit de cet avantage fiscal, propre au PER, il est conseillé de réinvestir l'économie d'impôts afin d'enclencher un effet de levier. Illustration avec notre épargnant type au taux marginal d'imposition de 30%. En plaçant ses 900 euros d'impôts économisés sur son PER, c'est comme s'il avait épargné 3 900 euros pour un effort d'épargne de seulement 3 000 euros.

« L'épargnant déteste se priver à court terme pour un bénéfice à long terme. Se priver d'une économie d'impôts avec l'effet de capitalisation qu'on a derrière, ce serait vraiment dommage. L'effet de levier est extrêmement puissant », explique Yves Conan, directeur général de Linxea.

Mais attention, cet avantage fiscal est temporaire : les versements que l'investisseur a décidé de déduire de son revenu n'échappent pas de manière définitive à l'impôt sur le revenu. Un rattrapage s'effectue au moment de liquider le PER, autrement dit à la retraite. Toutefois, l'épargnant reste gagnant.

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Les revenus baissant généralement à la retraite, la tranche d'imposition est plus basse que durant la vie active. Résultat : si notre épargnant type passe d'un TMI de 30% à 11% à la retraite, l'administration fiscale retiendra non pas 900 euros d'impôts, mais 330 euros seulement, soit une économie nette de fiscalité de 570 euros.

« Jusque-là, le PER a été vendu comme outil de défiscalisation »

« Jusque-là, le PER a été vendu comme outil de défiscalisation et s'adresse donc aux personnes plus aisées. Et oui, réinvestir l'économie d'impôts, à long terme c'est la meilleure façon de capitaliser pour la retraite. Mais le PER reste un très bon produit quelque soit sa bourse. Si on est peu ou pas imposé, le privilège fiscal se fait à la sortie », défend Olivier Rull, co-fondateur de Caravel, une plateforme spécialisée dans la retraite complémentaire.

Le PER pour les revenus plus modestes

Pour la moitié des Français qui ne paient pas d'impôt sur le revenu, la déductibilité des versements volontaires ne présente pas a priori d'intérêt. Heureusement, il est possible d'y renoncer. Mais dans ce cas, quel intérêt à ouvrir un PER ?

Impôts : avez-vous intérêt à déduire les versements de votre PER ?

Tout d'abord parce que l'avantage fiscal n'est pas complètement perdu. En cas de sortie en capital au moment de la retraite, seuls les gains réalisés grâce à votre épargne seront soumis au PFU (impôt sur le revenu + prélèvement sociaux), ou « flat tax ». Le capital, lui, n'est pas imposé. La fiscalité est alors la même que pour... l'assurance vie.

Ensuite, parce que si le PER a pour objectif de générer des revenus supplémentaires au moment de la retraite, votre épargne est bloquée toute la durée de votre contrat, sauf exceptions. Un critère qui peut faire peur. Pourtant, certains épargnants peuvent y trouver un côté sécurisant.

« Si on renonce au bénéfice fiscal, le PER c'est un contrat d'assurance vie bloqué. Mais le PER a aussi ce côté protecteur, tempère Yves Conan. On ne va pas pouvoir consommer cette épargne. Sur le PER, l'épargne est sanctuarisée jusqu'à la retraite. Pour les épargnants les plus dépensiers ou ceux qui débutent leur vie active et ont donc moins d'argent à mettre de côté chaque mois, le blocage des sommes peut être un avantage. Pour quelqu'un qui amène 100 euros d'épargne par mois, son matelas de trésorerie peut être constitué à hauteur de 70 euros par mois en assurance vie et 30 euros par mois sur un PER. Tout est une question de proportions ». 30 euros par mois pendant 20 ans, cela représente un capital final de 7 200 euros, et un peu plus avec les intérêts. C'est loin d'être négligeable pour compléter sa retraite.

Bien comprendre le PER pour mieux comparer les offres

Dans quels cas débloquer un PER avant sa retraite ?

Sous certaines conditions, le PER peut être débloqué avant la retraite, en cas de :

  • décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, invalidité du titulaire, de son conjoint ou partenaire de Pacs, de ses enfants ;
  • situation de surendettement, expiration des droits à l'assurance chômage ;
  • liquidation judiciaire de l'entreprise du titulaire ;
  • acquisition de la résidence principale mais seulement pour les fonds issus des versements volontaires de l'épargnant ou de l'épargne salariale.