Cest officiel : le Plan épargne logement nest plus le premier produit dépargne réglementée en termes dencours. Il a été dépassé en 2020 par le Livret A qui pèse désormais plus de 308 milliards deuros, contre près de 290 milliards deuros pour le PEL. Mais lex produit star pourrait prochainement perdre plus gros, une particularité qui a fait son succès : la garantie pour lépargnant, de conserver durant toute la durée de vie du plan le taux affiché à louverture.
Ce « privilège » unique dans le champ de lépargne réglementée, ajouté à labsence de durée de vie maximum des PEL ouverts avant mars 2011, a en effet une conséquence : des millions de Français détiennent des « vieux PEL » affichant des rémunérations totalement déconnectées des réalités actuelles : 4,46%, prime incluse, en moyenne pondérée par lencours, selon lObservatoire de lépargne réglementée (OER) de la Banque de France, et jusquà 7,50% pour les plus anciens. Soit beaucoup, beaucoup plus que les PEL ouverts depuis mars 2012 (2,23% en moyenne), que les PEL actuels (1%) et bien sûr que le Livret A (0,50% net actuellement).
Dans le collimateur depuis un certain temps
Voilà un certain temps que ce privilège des vieux PEL est dans le collimateur. Des banques de détail en premier lieu, pour qui ces placements détournés de leur vocation première — faciliter lachat de sa résidence principale — représentent une ressource terriblement coûteuse en période de taux négatifs. Mais aussi de la Banque de France.
À loccasion de la publication, mardi dernier, du rapport 2020 de lOER, le directeur général de linstitution a ouvert le feu. Ces vieux PEL, avec leur « taux de 4,5% quasiment garanti à vie, ( ) pèse sur le financement de léconomie française et ne bénéficie quaux épargnants qui ont ouvert un PEL et ne sen sont pas servis depuis », a déclaré Olivier Garnier, selon Capital.
Lhypothèse dun alignement à 1%
LOER est allé plus loin : elle a travaillé sur lhypothèse dun alignement de la rémunération des PEL antérieurs à mars 2011 sur les 1% bruts actuellement proposés par les nouveaux PEL. Selon lobservatoire, « il en résulterait un gain de lordre de 3,9 milliards deuros en matière de ressources pour le financement de léconomie française ». Aux dépens, évidemment, des épargnants concernés : ils y perdraient en moyenne 1 100 euros dintérêts par an et par PEL. Si les pouvoirs publics décidaient daller plus loin et dabaisser également la rémunération des PEL post 2011, léconomie supplémentaire sélèverait à 2,2 milliards deuros.
La balle dans le camp du gouvernement
La Banque de France, toutefois, na pas le pouvoir de décider seule de cet alignement. Il faudrait en passer par une loi. Interrogé par Capital, le ministère de lÉconomie et des Finances a répondu que « rien nétait prévu sur ce point ». Le magazine, toutefois, croit savoir que des parlementaires de lactuelle majorité « pourraient se saisir du sujet lors du projet de loi de finances pour 2022 présenté en Conseil des ministres le 22 septembre ».



















