« Le DICI doit obligatoirement être remis à linvestisseur préalablement à sa souscription puisquen effet, il permet à ce dernier de prendre sa décision dinvestissement en toute connaissance de cause. » Ce rappel en bonne et due forme, cest Marielle Cohen-Branche, médiateur de lAutorité des marchés financiers, qui ladresse aux banques et conseillers en investissements financiers, après être intervenue dans une affaire marquée par loubli de la remise du DICI (document dinformation clé pour linvestisseur).
En loccurrence, « Mme B. », qui réside à létranger, a souhaité investir dans une quinzaine de fonds communs de placement (FCP) suite à un héritage de plus dun demi-million deuros. Mais elle sest plaint de plusieurs manquements : un retard préjudiciable dans lexécution des ordres, faute pour laquelle la banque accepte immédiatement un geste commercial de 3 300 euros, et la surprise de découvrir de très importants frais dentrée après la souscription. Très remontée, « Mme B. » réclame un retour en arrière à 100%, en souhaitant annuler son investissement.
« Ne pas hésiter à questionner son conseiller »
Marielle Cohen-Branche a jugé que « la nullité des investissements est peu envisageable », car « il napparait aucune dissimulation dinformation intentionnelle de la part de la banque ». En revanche, elle a constaté un important « manquement à lobligation dinformation sur les frais », car le DICI na jamais été remis ! Le conseiller financier sétait contenté déchanges par téléphone, et les documents remis et signés - nétaient que des « ordres de négociation ».
Résultat : la banque accepte deux gestes commerciaux supplémentaires, 13 600 euros pour le remboursement des frais dentrée, et 6 700 euros supplémentaires pour le délai dexécution. « Cette proposition est acceptée, ce qui met fin amiablement au litige, sans avoir besoin dun recours devant les tribunaux », précise Marielle Cohen-Branche. Elle glisse au passage un conseil aux particuliers investisseurs : il faut toujours recevoir un DICI, le lire, et « ne pas hésiter à questionner son conseiller, par exemple sur les frais (frais annuels, frais dentrée maximum et éventuellement frais de sortie), afin de ne pas avoir de mauvaise surprise ».
Un nouveau « DIC » pour certains placements
Le document dinformations clés (DIC) est lui aussi obligatoire, depuis 2018, pour une plus large gamme de produits financiers. Le DICI continue dexister pour les produits qui nécessitaient déjà un tel document dinformation préalable. A lhorizon 2020, en revanche, les DICI laisseront la place au nouveau « DIC », même pour les fonds dinvestissement (Sicav et FCP).
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