« Si aujourdhui vous aviez une somme importante à placer, de lordre par exemple de 10 000 euros, quel placement choisiriez-vous de préférence ? » Telle est précisément la question quAudirep a posée à un panel de Français (1) pour lAutorité des marchés financiers (AMF). Evidemment, linstitut ayant interrogé un panel représentatif de la population, cette somme de 10 000 euros ne représente pas le même « gain » pour tout le monde : le moyen de se sortir dune situation difficile pour certains, loccasion rare de se constituer un matelas dépargne pour dautres, ou encore une simple brique supplémentaire dans un patrimoine conséquent. Il nempêche, cette question permet de cerner quel est le placement que les Français favorisent spontanément.
Le premier réflexe, pour une majorité de Français, serait donc de placer ces 10 000 euros sur un support où l'argent reste disponible, sans prendre aucun risque. En épargne de précaution, donc. Les deux placements cités en premier lieu offrent à la fois sécurité et disponibilité : livrets (Livret A, LDDS, LEP, livrets bancaires, etc.) et fonds en euros (à capital garanti) de lassurance-vie. Troisième choix, le PEL : une moindre disponibilité mais zéro risque, là encore. 7% des sondés placent même en priorité ces 10 000 euros sur leur compte courant, soit autant que le nombre de personnes les investissant en actions et fonds d'investissement (PEA et compte-titres).
Le placement choisi en premier lieu
- Livrets dépargne : 20% des personnes interrogées
- Assurance-vie en euros : 13%
- Plan dépargne logement : 9%
- Compte courant : 7%
- Assurance-vie en UC : 7%
- PEA ou compte-titres : 7%
- Ne sait pas : 15%
Choix minoritaires : plans d'épargne salariale, immobilier locatif, SCPI et OPCI, placements atypiques (or, vin, etc.), produits boursiers, etc.
L'ordre de préférence change légèrement lorsque les sondés peuvent choisir plusieurs réponses. Cependant, même en partageant ces 10 000 euros entre différents placements, les sondés plébiscitent les mêmes produits sécurisés, privilégiés aux plans dépargne salariale et aux supports en unités de compte (UC) de lassurance-vie.
Si lon répartit les 10 000 euros sur plusieurs placements
- Livrets dépargne : 41% des sondés
- Assurance-vie en euros : 28%
- Plan épargne logement : 26%
- Epargne salariale (PEE, Perco) : 20%
- Assurance-vie en UC : 18%
Priorité de lépargne : parer les « dépenses imprévues »
Le sondage Audirep-AMF confirme les conclusions de lenquête 2015 du Cercle de lépargne, qui avait intégré une question similaire. Les sondés orientaient déjà leurs 10 000 euros vers lassurance-vie et le PEL en priorité, les livrets nétant alors pas une réponse possible.
Les choix « conservateurs » des Français sondés par Audirep sexpliquent aussi par leur capacité à mettre de largent de côté. Seul un tiers des personnes interrogées épargne « régulièrement », pour 49% « occasionnellement ». Et, parmi ces épargnants réguliers ou occasionnels, les deux tiers ne parviennent pas à mettre plus de 200 euros de côté chaque mois.
Les objectifs de lépargne divergent par ailleurs assez nettement en fonction de la taille du patrimoine. Certes, tous les sondés ou presque s'accordent sur un point : lépargne sert notamment à parer aux « dépenses imprévues ». En revanche, l'idée qu'il faut « accroître » son patrimoine divise : faire fructifier son épargne est clairement un objectif pour 69% des sondés disposant dun portefeuille de plus de 50 000 euros. A contrario, plus de la moitié des sondés possédant un portefeuille de moins de 10 000 euros n'intègrent pas cet objectif dans leurs préoccupations.
LAMF promeut les actions pour linvestissement de long terme
Régulateur du secteur financier, lAMF cherche à casser les a priori des Français sur linvestissement en actions. Lautorité a ainsi récemment pointé quatre idées reçues couramment véhiculées sur les actions. Parallèlement à la publication du sondage Audirep, lAMF publie une étude sur les « stratégies gagnantes sur les 30 dernières années ». Conclusion : « Entre 1987 et 2017, pour un placement ponctuel dune durée de 10 ans, le rendement annualisé réel (net de linflation) sest en moyenne élevé à 5,7% pour les obligations, 5,6% pour les actions et 1,3% pour le Livret A. » LAMF souligne toutefois que le contexte de taux bas empêche les obligations de rééditer les performances passées. LAutorité des marchés financiers encourage ainsi les épargnants à miser sur les actions, tout en respectant les règles de la diversification des placements, et en sinscrivant sur le long terme.
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(1) Sondage réalisé par linstitut Audirep pour lAMF, auprès de 1 200 personnes (échantillon représentatif de la population française, via un access panel), par internet, du 12 au 24 octobre 2017.



















