Le plan d'épargne retraite (PER) confirme son ascension. Selon des chiffres dévoilés par Bercy ce 17 mai, l'encours total des PER atteignait 150,4 milliards d'euros au 31 décembre 2025, contre environ 125 milliards un an plus tôt, soit une progression de 20% sur un an. Le nombre de titulaires dépasse désormais 12,9 millions.

Plan épargne retraite : le PER a dépassé le cap des 150 milliards d'euros

Mais derrière cette croissance globale, ce sont surtout les PER individuels qui continuent de tirer le marché. Leur encours atteint désormais 88,5 milliards d'euros, en hausse de 21% sur un an. À eux seuls, ils représentent près de 60% des sommes placées sur les PER.

Créé en 2019 dans le cadre de la loi Pacte, le PER individuel a progressivement remplacé les anciens produits d'épargne retraite, comme le Perp ou le contrat Madelin. Son succès tient notamment à sa souplesse. L'épargnant peut choisir entre une sortie en capital ou sous forme de rente au moment de la retraite, alors que certains anciens dispositifs imposaient davantage de contraintes.

Placement : sortie en rente ou en capital, quelle option choisir pour son PER ?

Autre argument de poids : l'avantage fiscal. Les versements effectués sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable, dans certaines limites. Un mécanisme particulièrement attractif pour les ménages fortement imposés, qui y voient un moyen de préparer leur retraite tout en réduisant leur facture fiscale.

Une épargne investie sur le long terme

Le développement du PER repose aussi sur son mode de gestion. Dans la majorité des cas, les contrats sont pilotés par défaut via une « gestion à horizon ». Concrètement, l'épargne est investie de manière plus dynamique lorsque l'épargnant est jeune, avec une part importante d'unités de compte, avant d'être progressivement sécurisée à l'approche de la retraite.

Cette logique contribue également au financement de l'économie. Bercy souligne que plus de 60% des actifs des PER financent directement les entreprises, notamment via les marchés actions ou le capital-investissement. Plus de 5 milliards d'euros seraient ainsi investis dans des actifs non cotés.

La dynamique pourrait se poursuivre en 2026, avec l'entrée en vigueur des dernières mesures issues de la loi Industrie verte. Le gouvernement espère ainsi orienter davantage l'épargne retraite vers le financement des entreprises européennes et des projets de long terme.