Contrairement à la promesse des pouvoirs publics, la hausse moyenne des tarifs réglementés de vente de l'électricité a dépassé 4%, selon Le Parisien. Avec des disparités importantes selon les abonnés.

Un « bouclier tarifaire » moins protecteur que prévu. C'est en substance la conclusion d'une enquête du Parisien. Avec l'aide de la start-up Lite, le quotidien a épluché les factures de 35 000 usagers, dont les deux tiers abonnés aux tarifs réglementées de vente (TRV), pour vérifier si la promesse de limiter l'augmentation des prix de l'électricité à 4% a été tenue. Verdict ? L'augmentation moyenne a, en fait, été légèrement supérieure : 5,4% précisément. Mais certains clients ont subi des hausses beaucoup plus franches, jusqu'à 11%. Y compris parmi les foyers abonnés aux TRV, dont la moitié a subi une inflation supérieure aux 4% promis.

Côté TRV justement, ce sont les abonnés à l'option Base qui ont subi les plus fortes augmentations. Les bénéficiaires du tarif heures pleines-heures creuses (HP-HC) s'en tirent un peu mieux. Avec une bizarrerie : « Plus la part de consommation en heures creuses est importante, plus le tarif a augmenté », écrit Le Parisien. « Soit l'exact opposé de ce que le gouvernement souhaitait privilégier, à savoir la consommation en heures creuses pour diminuer la facture et les tensions sur le réseau aux heures de pointe. »

Des règles de calcul complexes

Comment expliquer cette hausse plus importante qu'annoncée, et ces disparités entre abonnés » ? La complexité et la variabilité des règles de calcul des différentes offres sont en cause. « Elles n'intègrent pas de la même manière les prix de marché, ceux de l'électricité d'origine nucléaire, et les taxes », explique au Parisien une source proche du dossier. « Or c'est la modulation de ces deux derniers paramètres qui a permis de limiter la hausse des tarifs, le complément ayant été assuré par les finances publiques. » L'impréparation des pouvoirs publics, qui ont dû mettre en place ce bouclier dans l'urgence, suite au déclenchement de la guerre en Ukraine, a aussi joué un rôle : « Ils n'ont pas forcément anticipé tous les effets collatéraux ».

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Le « bouclier tarifaire » de 4% va s'éteindre avec l'année 2022. En 2023, les tarifs réglementés vont augmenter plus fortement, dans la limite de 15%, ont promis les pouvoirs publics. Avec des disparités encore plus fortes ? « En 2023, quelques différences pourraient subsister, selon les types d'offres et d'abonnements, mais elles seront très limitées, en particulier pour les ménages au tarif réglementé », a promis Emmanuelle Wargon, la présidente de la Commission de régulation de l'énergie, interrogée par Le Parisien.