Une hausse à deux chiffres des prix réglementés du gaz depuis deux mois et un bond anticipé de 6% pour les tarifs régulés de l'électricité début 2022. Quelle énergie vous coûte le moins cher et devez-vous en changer ?

Des hausses qui font très mal au portefeuille. Depuis le 1er septembre, les tarifs réglementés du gaz ont grimpé de 8%, après des augmentations de 5% en août et même de 10% en juillet. Depuis un an, la facture pour les 11 millions de ménages raccordés au gaz s’est envolée de plus de 30% d’après l’Insee ! Un coup de massue inédit lié à la reprise économique mondiale après la mise en sommeil de l’activité avec la crise sanitaire. Une situation qualifiée d’exceptionnelle par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), mais qui pourrait bien jouer les prolongations. « Les niveaux des stockages européens sont au plus bas et doivent être reconstitués rapidement pour l’hiver », prévient la CRE. Traduction : préparez-vous à de nouvelles hausses de tarifs. Dans ce contexte, c’est à se demander s’il ne faut pas fuir le gaz et se tourner vers l’électricité, dont les prix ont augmenté de seulement 3% depuis un an, toujours d’après l’Insee.

Il faut dire que les prix du gaz réglementés sont exposés, bien plus que celui de l’électricité, à l’évolution des prix du marché. Avec pour corollaire une extrême volatilité d’un mois sur l’autre, à la hausse comme à la baisse. Malgré tout, aujourd'hui, le gaz reste toujours compétitif. « L’électricité a toujours été plus chère », confirme Antoine Autier, responsable du service des études de l’UFC-Que Choisir. Selon une étude (1) du spécialiste de la rénovation énergétique Effy, le coût du chauffage au gaz au m2, en 2020, était de 11 euros contre 16 euros pour l’électricité. L’année dernière, les ménages ont dépensé 1 684 euros pour chauffer leur logement avec une dépense moyenne de 1 369 euros pour les utilisateurs de gaz et de 1 777 euros pour l’électricité.

Une facture qui s'envole depuis 2008

D’après le médiateur de l’énergie, depuis 2008, la note pour un consommateur se chauffant au gaz a gonflé de 55%. C’est un peu plus pour les tarifs régulés de l’électricité : +60%. Ces derniers risquent d’ailleurs de progresser encore en février 2022 : jusqu’à +6%. Mais selon plusieurs sources, le gouvernement va tout faire pour freiner la hausse qui va concerner en première ligne les 23 millions de ménages abonnés au tarif bleu d’EDF. Par ricochet, les 10 millions de foyers ayant opté pour les offres de marché risquent aussi d’être impactés puisque ces dernières sont en partie basées sur les tarifs régulés. A trois mois de l’élection présidentielle d’avril 2022, l’exécutif réfléchit à une parade pour éviter une nouvelle polémique sur le pouvoir d’achat. Un scénario de baisse des taxes est d’ailleurs envisagé.

Les tarifs réglementés d'EDF et Engie, un fiasco ?

Dans ce contexte, que faire ? Pour Antoine Autier, il est hasardeux de choisir une source d’énergie plutôt qu’une autre en fonction de l’évolution à moyen-long terme de son prix de vente. En revanche, pour faire des économies, mieux vaut quitter les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité. Des dizaines d’opérateurs alternatifs, mais aussi les fournisseurs historiques, proposent des offres plus compétitives avec des rabais jusqu’à 15% ou encore des prix bloqués sur une, voire plusieurs années.

Jusqu'à 250 euros d'économie sur votre facture d'énergie

Autre piste, et au-delà des astuces de bon sens, réduire sa consommation d’énergie avec l’isolation des murs ou encore des combles peut être avantageux. Cette dernière possibilité permet ainsi 30% d’économie avec un reste à charge de 500 à 1 500 euros en fonction de ses revenus, une fois pris en compte les dispositifs de certificats d’économie d’énergie (CEE), explique Audrey Zermati. Pour la directrice stratégie d'Effy, il est possible d’économiser davantage en réfléchissant à son mode de chauffage, avec par exemple, un gain de 20% sur sa consommation en changeant sa vieille chaudière au gaz, âgée d’au moins 10 ans, pour un modèle à condensation murale plus récent. Là encore, les CEE mais aussi les aides MaPrimeRénov’ pour la rénovation énergétique permettent de limiter le coût de cette chaudière qui va de 3 000 à 7 000 euros.

Alternative supplémentaire : la pompe à chaleur avec au moins 50% d’économies sur sa facture de chauffage. Ce qui implique pour ceux qui se chauffent au gaz de passer à l'électricité. « Ce système alimenté en électricité en consomme très peu. Il capte les calories de chaleur disponibles dans l’environnement de votre maison et les réinjectent chez vous sous forme de chaleur. Le coût de cette installation, en comptant les aides, démarre à 2 100 euros », explique Audrey Zermati.

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Se chauffer, combien ça coûte ?

Il existe de grosses différences sur la facture selon l'énergie utilisée d'après Effy (1) :

  • Chauffage au bois : 1 147 euros par an, soit un coût de 9 euros/m2 ;
  • Gaz : 1 369 euros par an, soit un coût de 11 euros/m2 ;
  • Electricité : 1 777 euros par an, soit un un coût de 16 euros/m2 ;
  • Fioul : 2 108 euros par an, soit un coût de 15 euros/m2. « On sait que les habitations équipées au fioul sont généralement plus grandes (142 m² en moyenne) que celles dotées d’installations à l’électricité dont la surface moyenne est de 112 m2 », explique Effy.

(1) Enquête réalisée à partir des montants déclarés par 10 824 utilisateurs des formulaires du site Effy en 2020.