Les marchés : une semaine critique pour la Bourse
Les marchés avancent à tâtons. Le CAC 40 grappille 0,38% à 7 833 points, tandis que Wall Street hésite, avec de faibles variations sur les principaux indices. Le pétrole reste sous les projecteurs malgré l'annonce par Trump d'une possible trêve entre Kiev et Moscou sur les infrastructures énergétiques. Un accord encore trop incertain pour rassurer. Entre inflation menaçante et premiers résultats trimestriels attendus dès ce lundi soir, la prudence domine.
Deux rendez-vous pourraient sortir les marchés de leur attentisme. Mardi, JPMorgan, Goldman Sachs et Citigroup donneront le coup d'envoi des résultats trimestriels à Wall Street. Une question centrale : leurs activités de trading résistent-elles après un premier semestre exceptionnel ? Mercredi, tous les regards se tourneront vers l'inflation américaine de septembre, attendue à 3,6% sur un an, contre 3,4% en août. Une accélération qui pourrait conforter la Fed dans sa volonté de maintenir des taux élevés, voire de les relever à nouveau.
Pétrole cher, inflation tenace, résultats bancaires : la semaine s'annonce décisive. Les banques donneront un premier aperçu de la santé des entreprises américaines. Mais c'est surtout l'inflation de mercredi qui pourrait rebattre les cartes sur les taux d'intérêt et donner une véritable direction aux marchés. Ce lundi soir, on revient également sur notre dossier spécial dédié au secteur de l'énergie, plus que jamais d'actualité. Bonne lecture à tous.
Les valeurs
Vallourec
Le spécialiste de la métallurgie gagne 3,83%, à 18,57 euros, porté par deux excellentes nouvelles, dont un contrat majeur auprès de TotalEnergies pour le développement du champ gazier d'Absheron, en Azerbaïdjan. Au programme : plus de 16 000 tonnes de tubes, dont 159 km de conduites destinées au transport du gaz. Le montant du contrat n'a pas été dévoilé, mais cette commande confirme le savoir-faire industriel de Vallourec et sa capacité à s'imposer sur de grands projets énergétiques internationaux.
Et ce n'est pas tout. Le bureau d'analyses Kepler Cheuvreux vient de relever sa recommandation sur Vallourec à l'achat, avec un objectif de cours porté de 23,50 euros à 26 euros. Soit un potentiel de hausse théorique proche de 40% par rapport au cours actuel. Entre nouveau contrat stratégique et regain de confiance des analystes, Vallourec retrouve des arguments pour séduire les investisseurs. Depuis le début de l'année, son action gagne désormais 18%.
Stellantis
La mythique 2CV fait son grand retour en électrique ! Stellantis profite du Mondial de Paris pour dévoiler plusieurs nouveaux modèles et accélérer sa reconquête du marché européen. Le constructeur prépare notamment une nouvelle génération de petites voitures électriques abordables, avec un prix cible autour de 15 000 euros. Une offensive indispensable face à la montée en puissance des marques chinoises, particulièrement agressives sur les prix. Stellantis renforce également son partenariat industriel avec le chinois Leapmotor, notamment autour de nouvelles plateformes électriques et d'une production européenne.
Une stratégie pragmatique visant à réduire les coûts et accélérer le développement de modèles compétitifs. L'accord commercial entre l'Union européenne et la Chine pourrait aussi offrir un répit au secteur européen. Malgré ces annonces positives, rien ne semble vraiment rassurer le marché. L'action Stellantis cède encore 0,91% ce lundi soir, à 3,97 euros (-58% en 2026 et -78% sur trois ans !). Clairement, le redressement du groupe reste un chantier considérable. Nouveaux modèles, économies et partenariats devront encore se traduire par des ventes et des bénéfices.
Le coin des smalls
2CRSI
17,66% de hausse en une séance ! Le fabricant strasbourgeois de serveurs informatiques s'envole à 29,18 euros, après une annonce majeure concernant son projet ÆTHER. Le consortium auquel participe 2CRSi vient en effet de franchir une étape importante avec la signature d'une promesse de vente pour une ancienne usine automobile de Strasbourg. Objectif : transformer ce site industriel de 90 hectares, comprenant 110 000 m² de bâtiments, en un immense pôle européen dédié aux infrastructures d'intelligence artificielle.
Et les ambitions sont spectaculaires. Fournisseur pressenti des serveurs, 2CRSi estime que le déploiement des premières capacités de calcul pourrait représenter plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires potentiel sur l'exercice 2026-2027. Un montant considérable à son échelle. Mais attention, il ne s'agit ni de commandes fermes ni de revenus garantis. Le calendrier reste notamment dépendant des autorisations administratives, des approvisionnements et de la concrétisation du projet. Pour cette petite valeur éligible au PEA-PME en hausse de 153% en 2026, les perspectives sont impressionnantes, mais les risques d'exécution et la volatilité boursière le sont aussi. Affaire à suivre !
La pépite de la semaine
Icape : Coté sur Euronext Growth depuis 2022, Icape distribue des circuits imprimés et des pièces techniques sur cahier des charges. Le groupe ne fabrique quasiment rien : il s'appuie sur 88 usines partenaires asiatiques pour servir près de 3 800 clients industriels, en regroupant des commandes trop petites pour intéresser les usines seules et en portant la qualité, la logistique et le risque de la relation. Trois arguments structurent notre cas d'investissement.
Le monde d'après
La fête est finie ?
Après un début d'année exceptionnel, Wall Street s'apprête à lever le pied. Les cinq géants bancaires américains, JPMorgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup et Bank of America, devraient générer environ 38 milliards de dollars de revenus de trading au troisième trimestre. Un montant toujours supérieur à celui de l'an dernier, mais en net recul par rapport au deuxième trimestre, marqué par une activité record.
Depuis 2020, les salles de marché sont redevenues de véritables machines à profits. Intelligence artificielle, matières premières, taux d'intérêt : les fortes fluctuations des marchés ont multiplié les transactions et dopé les revenus des banques. Mais cette manne commence à s'essouffler. Les établissements ont déjà prévenu que les performances exceptionnelles du début d'année seraient difficiles à reproduire, notamment sur les taux, les devises et les matières premières.
Au total, les grandes banques américaines devraient encore engranger 44 milliards de dollars de bénéfices au troisième trimestre. Mais au-delà des chiffres, les investisseurs chercheront surtout des relais de croissance. Le trading peut-il résister ? Les fusions-acquisitions et les introductions en Bourse vont-elles redémarrer ? Et surtout, les taux élevés commencent-ils à fragiliser le crédit ? Sans reprise de la banque d'investissement pour compenser le ralentissement du trading, les profits records de Wall Street pourraient perdre de leur éclat !
L'agenda
Ouverture de la saison !
Les prochains jours s'annoncent particulièrement chargés. Ce lundi soir, LVMH ouvrira le bal des publications françaises avec son chiffre d'affaires du troisième trimestre. Un rendez-vous majeur pour mesurer l'évolution de la demande dans le luxe, notamment en Chine et aux États-Unis. Mardi, place aux banques américaines : JPMorgan, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo présenteront leurs résultats trimestriels. Après la forte remontée des taux obligataires, les investisseurs surveilleront leurs marges, la qualité du crédit et les perspectives de financement de l'économie.
Mais le grand rendez-vous aura lieu mercredi à 14h30 : l'inflation américaine de septembre. Une nouvelle accélération renforcerait les craintes de taux durablement élevés. À l'inverse, une inflation inférieure aux attentes pourrait soulager les marchés obligataires et les actions. Mercredi sera également marqué par les publications d'ASML, Bank of America et Morgan Stanley.
Jeudi, nouvelle salve de statistiques américaines : prix à la production, ventes au détail et inscriptions au chômage. En Europe, Pernod Ricard publiera son activité, avant Schneider Electric vendredi. Enfin, les chiffres de la production industrielle américaine permettront de compléter le tableau. Inflation, consommation, résultats. Cette semaine pourrait donner le ton de toute la deuxième quinzaine d'octobre. On en reparle vite.
Demain à la une
Les banques américaines sur le gril
Mardi, c'est donc l'ouverture de la saison des résultats trimestriels avec plusieurs grandes banques américaines. Elles sont souvent considérées comme un baromètre de l'économie car elles renseignent sur la santé des emprunteurs, la demande de crédit et l'activité des marchés financiers. Les investisseurs chercheront notamment à mesurer les conséquences de la hausse des taux sur leurs bénéfices et leurs perspectives. À Paris, Publicis présentera également son activité, dans un secteur publicitaire bouleversé par l'intelligence artificielle. Par ailleurs, les acheteurs viseront dans les prochains jours les 7 865, 7 925 et 8 000 points sur le CAC 40. Et les vendeurs, les 7 800, 7 725 et 7 660 points.
Le lexique
Comment l'inflation impacte les rendements obligatoires et la monnaie ?
Une inflation moins forte tend généralement à faire reculer les rendements obligataires, car elle réduit la nécessité pour la Banque centrale de maintenir des taux d'intérêt élevés. Si les investisseurs anticipent des baisses de taux directeurs, ils acceptent aussi des rendements plus faibles sur les obligations nouvellement émises. Les obligations déjà en circulation, qui offrent un coupon plus élevé, deviennent alors plus attractives : leur prix monte et leur rendement baisse.
L'effet sur la devise est proche, mais moins automatique. Des taux d'intérêt attendus plus faibles rendent les placements dans cette monnaie relativement moins rémunérateurs, ce qui peut réduire la demande pour la devise et la faire reculer, surtout si les taux restent plus élevés dans d'autres pays. Il faut toutefois raisonner en termes relatifs : une inflation qui baisse partout n'affaiblit pas nécessairement une monnaie et une désinflation peut, au contraire, renforcer la confiance dans l'économie concernée.
















