Les marchés
Deux salles, deux ambiances
La prudence domine toujours les échanges boursiers, les investisseurs restant partagés entre de bonnes publications d'entreprises et les inquiétudes liées au Moyen-Orient. Ce soir, le CAC 40 rebondit de 0,87% à 8 227 points, soutenu par plusieurs grands groupes qui ont publié de solides résultats, dont L'Oréal (+9%), STMicroelectronics (+14,4%), Dassault Systèmes (+1,8%), Sanofi (+1,2%) et Orange (+3,3%). En revanche, EssilorLuxottica (-4,8%) recule malgré une activité en croissance. En parallèle, le bras de fer entre les États-Unis et l'Iran continue d'inquiéter : Wall Street évolue sans direction nette pour le moment.
Les indices américains évoluent toutefois sur leurs pics historiques, soutenus ces derniers jours par les valeurs technologiques, et singulièrement celles liées à l'IA. Des deux bords de l'Atlantique, l'écart boursier se creuse depuis le début de l'année : +4,3% pour le S&P 500 et +6% pour le Nasdaq d'un côté, +1% pour le CAC 40 et +1,4% pour l'Euro Stoxx 50 de l'autre. Les indices américains ont largement compensé leurs pertes liées à la guerre en Iran, alors que les indices européens restent 3 à 5% sous leurs niveaux de pré-crise.
Les valeurs
Stmicroelectronics
Le spécialiste des puces électroniques a publié des résultats trimestriels meilleurs que prévu et ses prévisions sont très encourageantes pour les mois à venir. Cette amélioration s'explique en grande partie par la montée en puissance de l'intelligence artificielle. STMicroelectronics profite en effet de la croissance des grands centres de données d'Amazon, Microsoft ou Google. L'entreprise ne fabrique pas les puces les plus connues du secteur, comme les processeurs d'IA, mais elle fournit des composants essentiels pour alimenter, refroidir, connecter et sécuriser ces infrastructures.
C'est un positionnement intéressant car il lui permet de profiter du boom de l'IA tout en étant moins dépendante des marchés plus fragiles comme l'automobile, les PC ou les smartphones. Les perspectives pour le deuxième trimestre impressionnent, l'entreprise prévoit des ventes et une marge là encore supérieures aux attentes du marché. En hausse de 91% depuis le début de l'année, l'action signe pour le moment la meilleure performance du CAC. Ce soir, elle se hisse à la première place de l'indice français : +14,44% à 42,87.
L'Oréal
L'Oréal a très bien commencé l'année, bien mieux que ce qu'attendait le marché. Après une déception fin 2025, le groupe rassure grâce à une forte hausse de ses ventes, portée par ses produits destinés aux salons de coiffure, mais aussi par le luxe et la beauté dermatologique. Cette bonne surprise fait Voici ce qu'il fallait retenir de la journée boursière de ce lundi 20 avril, à la deuxième place du CAC 40. L'Oréal vend plus vite que le marché de la beauté dans son ensemble, ce qui montre que le groupe continue de gagner du terrain face à ses concurrents.
Les parfums, le maquillage, les soins de la peau et les marques dermatologiques comme La Roche-Posay ou CeraVe contribuent à cette bonne dynamique. Autre signal encourageant, la Chine montre des signes de reprise, tandis que les marchés américains et européens restent solides. Enfin, la direction estime que les tensions au Moyen-Orient et la hausse attendue du prix des matières premières devraient avoir un impact limité sur l'activité du groupe. Depuis le début de l'année, le titre progresse désormais de 2,8% (+7% en 2025).
Le coin des smalls
Vast Data
Cette jeune entreprise israélienne spécialisée dans le stockage et la gestion de données, un domaine devenu essentiel avec l'essor de l'intelligence artificielle, vient de lever 1 milliard de dollars. Elle est désormais valorisée 30 milliards. Son activité consiste à fournir une plateforme qui aide les entreprises à organiser, stocker et utiliser d'énormes volumes de données, notamment pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle. Des acteurs connus comme xAI, la société d'Elon Musk, ou la française Mistral font partie de ses clients.
L'entreprise veut devenir un acteur central de l'écosystème de l'IA, en se présentant comme une sorte de couche intermédiaire indispensable entre le matériel informatique, les modèles d'IA et les applications finales. Après avoir travaillé avec des secteurs très gourmands en données comme la finance ou la pharmacie, elle profite aujourd'hui pleinement de l'explosion de l'IA générative.
Soutenue notamment par Nvidia, Vast Data est désormais rentable et ambitionne d'aller encore plus loin en travaillant directement avec de grandes entreprises qui souhaitent intégrer l'IA dans leurs activités. Elle envisage d'entrer en Bourse aux États-Unis d'ici la fin de l'année, si les conditions sont favorables. Affaire à suivre !
Le monde d'après
Tesla, le pari des robots
Tesla a dévoilé un meilleur cru trimestriel que prévu, avec plus de voitures livrées, un chiffre d'affaires et une rentabilité en hausse. Après un démarrage positif cet après-midi, l'action cède pour le moment environ 3% car Elon Musk a annoncé que l'entreprise allait dépenser encore plus que prévu pour investir dans l'intelligence artificielle, les robots humanoïdes, les robotaxis et ses futures usines.
Clairement, Tesla veut accélérer sa transformation. L'entreprise ne veut plus être vue seulement comme un constructeur de voitures électriques, mais comme un groupe tourné vers l'autonomie et la robotique. Ses projets pourraient rapporter gros à l'avenir, mais ils coûtent très cher aujourd'hui et devraient peser sur la trésorerie pendant plusieurs trimestres.
Tesla a toutefois de solides réserves de cash pour financer cette stratégie (environ 45 milliards de dollars). Mais les investisseurs sont partagés quant à ces dépenses massives, d'autant que les nouvelles activités ne génèrent pas vraiment d'argent. Aujourd'hui, une grande partie de la valeur de Tesla en Bourse repose déjà sur ces promesses autour de la conduite autonome, des robotaxis et, dans une moindre mesure, des robots humanoïdes Optimus. Après +11,3% en 2025, l'action cède désormais 16% depuis le début de l'année.
Demain à la une
Le regain de tensions autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz a fait repasser le pétrole au-dessus des 100$ le baril ces dernières heures. Demain, ce contexte pourrait continuer de soutenir les valeurs liées à l'énergie, comme Total, mais peser sur les transports, la consommation et, plus largement, sur les marchés actions. En Europe, les investisseurs devront également composer avec une toile de fond économique fragilisée après la contraction surprise de l'activité dans la zone euro en avril, en particulier dans les services.
Outre les ventes au détail britanniques et l'indice allemand IFO (voir lexique), ils suivront dans l'après-midi un nouvel indice de confiance des ménages américains, autant de signaux susceptibles d'influencer la tendance. Du côté des entreprises, peu de publications sont attendues au cours de la séance. D'un point de vue technique enfin, les acheteurs devraient viser les 8 265 et 8 315 points dans les prochaines séances. Et les vendeurs, les 8 165 et 8 100 points.
Le lexique
L'indice IFO
L'indice IFO mesure chaque mois le moral des entreprises allemandes. Cet indicateur est particulièrement important pour les investisseurs européens, car l'Allemagne est la première économie de la zone euro. L'évolution de l'indice IFO donne donc une indication précieuse sur la dynamique économique en Europe. Il peut influencer la perception des marchés sur la croissance, les bénéfices des entreprises, l'évolution de l'euro et les futures décisions de la Banque centrale européenne.










