Les inégalités salariales entre hommes et femmes se réduisent même si elles gagnent toujours 22% de moins. C'est ce qu'annonce une étude de l'Insee publiée ce jeudi. Mais à y regarder de plus près, les femmes sont davantage pénalisées dans les grandes métropoles.

L'écart de salaire hommes-femmes est en baisse. Entre 1995 et 2019, il a diminué de 5,1 points pour atteindre 22,3%, révèle une étude de l'Insee. En 2019, le revenu salarial annuel moyen dans le secteur privé et la fonction publique s'élève à 18 970 euros pour les femmes. Pour expliquer cette amélioration sur le front des inégalités, l'étude explique que depuis 2009 les revenus des hommes ont diminué, tandis que celui des femmes n'a cessé d'augmenter. Selon l'étude de l'Insee basée sur le revenu des salariés du secteur privé et public, la réduction de l'écart entre hommes et femmes s'explique en partie par une diminution des écarts de volume de travail.

Les femmes font plus de temps partiel

Aujourd'hui, « la différence de volume de travail entre femmes et hommes (7,6%) explique seulement un peu moins d'un tiers de l'écart de revenu salarial », souligne l'Insee. Elle est liée en partie par la proportion des femmes à plus travailler en temps partiel mais aussi à faire moins d'heures supplémentaires.

« En France, en 2019, les femmes salariées perçoivent un salaire annuel moyen net inférieur de 16,1% à celui des hommes en équivalent temps plein (EQTP), c'est‑à‑dire à temps de travail comparable. En tenant compte du travail à temps partiel, à près de 80% féminin, le revenu salarial annuel moyen net des femmes est inférieur de 22,3% à celui des hommes », résume l'Insee.

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Cependant, la différence des revenus hommes-femmes s'explique aussi par le niveau de diplôme, l'expérience professionnelle, la catégorie socioprofessionnelle et par le fait qu'elles ne travaillent pas au mêmes postes ou dans les mêmes secteurs que les hommes. L'étude de l'Insee montre notamment que pour les cadres, les revenus des femmes sont inférieurs aux revenus de leurs homologues masculins (19,1%). Chez les employés, cette différence se réduit à 8,7%.

« Néanmoins, une fois prises en compte ces différences de caractéristiques, il reste une partie non expliquée de l'écart, qui peut être le reflet d'une ségrégation professionnelle à un niveau plus fin que le secteur d'activité ou la catégorie socioprofessionnelle », analyse l'Insee.

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Des différences de salaire plus importantes en ville qu'à la campagne

Cette enquête de l'Insee s'intéresse aussi aux écarts de salaire selon les territoires. Et elle constate que la différence de salaire net horaire moyen entre les deux sexes varie entre 2,9 et près de 40% (39,3%) selon le lieu de résidence. Si dans les DOM ou le centre de l'Hexagone, les écarts hommes-femmes sont plus faibles, c'est loin d'être le cas dans les grandes villes. Dans les territoires ruraux, la différence de salaire appliquée s'élève en moyenne à 12%. Près des grandes métropoles, elle est systématiquement d'au moins 20% en défaveur des femmes et notamment à Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, en ex‑région Rhône‑Alpes et dans l'ouest de l'Île‑de‑France. Une différence particulièrement importante qui se retrouve également près des frontières de la Suisse, l'Allemagne et du Luxembourg.

Plus de cadres en ville

Mais alors pourquoi plus de différences de salaire en ville qu'à la campagne ? Tout simplement car les villes concentrent les plus hauts revenus. Dans les territoires avec un niveau de vie élevé, les écarts de revenus sont donc plus importants et encore plus entre hommes et femmes. En territoire urbain, les cadres et professions intellectuelles représentent 22% de la population active contre 11% de celle des territoires ruraux.

A contrario, chez les ouvriers et employés plus présents en territoire rural (54% de la population active contre 45% dans les métropoles urbaines), l'écart salarial est moins important. Enfin, la forte concentration d'emplois dans des secteurs peu mixtes et faiblement rémunérateurs (médico‑social pour les femmes, construction et agriculture pour les hommes) explique également les plus faibles écarts de rémunération dans ces territoires ruraux.