Limpact de la perte demploi
Cest une étude (1) instructive que publie lInsee ce mercredi. Et ce, à lheure où la crise économique fait craindre notamment une envolée du chômage. Dun point de vue financier, le fait de perdre son emploi entraîne une baisse de 4%, en moyenne, de son niveau de vie (2), lannée du passage au chômage. « Lobservation, sur un pas annuel, de la situation des individus par rapport à lemploi lisse les à-coups survenus au cours de lannée ; de même, les mécanismes de protection sociale ont le temps de porter leurs effets compensateurs sur le niveau de vie », explique lInsee pour justifier ce chiffre de 4%, calculé sur des données allant de 2010 à 2016. En principe, un demandeur d'emploi qui a suffisament cotisé perçoit une indemnité d'environ 57% de son salaire brut.
Le risque d'être touché par la pauvreté
11% des personnes qui vont perdre leur travail passeront, au cours de cette année-là, sous le seuil de pauvreté monétaire qui est de 1 015 euros par mois pour une personne seule. Un pourcentage qui atteint 15% au total l'année suivante. A titre de comparaison, tous les ans, 1% des salariés en CDI à temps complet passent sous ce seuil.
Mais cette moyenne cache des réalités très différentes. « La baisse de niveau de vie est plus importante pour les personnes vivant seules. Elles ne peuvent pas sappuyer sur dautres revenus pour compenser financièrement leur perte demploi. En moyenne, elles perdent 15% de leur niveau de vie et 24% dentre elles passent sous le seuil de pauvreté », explique lInsee. Dans le détail, les hommes seuls perdent jusquà 16% de leur niveau de vie contre 14% pour les femmes seules. Le niveau de vie diminue de 7% pour les familles monoparentales.
A linverse, au sein des couples, la baisse de niveau de vie est limitée en moyenne à 3%, mais là encore tout dépend du statut du conjoint et de son revenu. Une personne récemment au chômage perd 1% de niveau de vie lorsque son conjoint est en emploi, mais le chiffre est multiplié par 10 si ce dernier est aussi sans travail. Dans ce contexte, le risque de franchir le seuil de pauvreté est également près de quatre fois plus faible lorsque le conjoint est en emploi (4% contre 15% pour une personne seule).
En poussant lanalyse, lInsee constate quen raison des inégalités salariales et de la plus grande proportion dinactivité et demplois à temps partiel pour les femmes, la perte de niveau de vie quand la femme au sein dun couple perd son emploi est de 1%, contre 4% si cest son conjoint qui se retrouve au chômage. Autre enseignement de lInsee : « Lannée de la perte demploi, le niveau de vie diminue plus fortement pour les personnes ayant un niveau de vie élevé avant le chômage : -9% pour les cadres et professions intellectuelles supérieures, -3% pour les employés (souvent des femmes) et -4% pour les ouvriers. Cependant, ces derniers sont davantage fragilisés : 14% passent sous le seuil de pauvreté, contre 12% pour les employés et seulement 5% des cadres. »
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Limpact du travail partiel
Le passage à temps partiel entraîne une baisse de 2% en moyenne la première année, mais il na pas le même effet selon quil est contraint ou choisi. « En effet, les personnes subissant un temps partiel sont souvent plus pauvres et ne bénéficient daucune compensation financière. En revanche, les personnes qui le choisissent, le plus souvent à larrivée dun enfant, sont plus aisées et peuvent bénéficier daides financières destinées à la garde de leur enfant pour compenser la perte de revenus », rappelle lInsee. Pour les personnes à temps partiel avec un enfant de moins de 3 ans, le complément de libre choix dactivité représente ainsi 3% du revenu disponible du ménage.
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Limpact du passage à la retraite
« Les personnes passant directement du salariat à la retraite ont un niveau de vie plus élevé que les autres (chômeurs ou non-salariés) avant le passage à la retraite (8 000 euros de différence sur lannée). Ils continuent de gagner plus lannée de la retraite (+ 4%, lié au cumul des revenus du travail et de retraite), mais perdent davantage ensuite : -4% lannée suivante », explique lInsee.
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(1) Méthodologie : pour son étude, lInsee sest basé sur léchantillon démographique permanent, un panel dindividus représentant environ 4% de la population française. Il combine notamment des données fiscales permettant détudier les évolutions entre 2010 et 2016 des niveaux de vie des personnes subissant un choc professionnel. « Les transitions professionnelles sont observées chez les salariés de 25 à 59 ans selon leur situation au 31 décembre de chaque année. Cet unique enregistrement du statut professionnel des individus chaque année empêche de mesurer les effets de plusieurs changements en cours dannée (allers-retours entre emploi et chômage par exemple) ou de savoir précisément à quel moment de lannée les transitions interviennent et peuvent donc conduire à minorer limpact monétaire », explique lInsee.
(2) Le niveau de vie dun ménage est défini à partir de son revenu disponible et de sa composition. Par niveau de vie, lInsee entend les revenus d'activité (nets des cotisations sociales), les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs.



















