Dans une étude au vitriol, 60 millions de consommateurs fait le point sur 26 plans d’épargne retraite. Seule une poignée de contrats valent le détour. En cause, les frais imposés par les gestionnaires.

MoneyVox vous en parlait ce lundi dans cet article consacré aux trois pièges du nouveau plan d’épargne retraite. Dans son hors-série consacré à la retraite, publié ce jeudi, le magazine 60 millions de consommateurs tire à boulets rouges contre les frais pratiqués sur les PER individuels, « qui gâchent tout ». En passant à la loupe 26 contrats, l’association dénonce « une avalanche de frais non justifiés… Il y en a partout, et pas qu’un peu ».

Des frais en cascade

Il y a d’abord les frais d’adhésion qui peuvent aller de 20 à 75 euros quand ils sont appliqués. Viennent ensuite les frais sur versements de 2,5% en moyenne. Mais certains opérateurs ont la main lourde et vont jusqu’à 5%. « Cela signifie que pour 100 euros versés dans votre PER individuel, 95 euros seront réellement investis. De tels frais restent injustifiables, même s’ils sont, fort heureusement, négociables », dénonce 60 millions de consommateurs. A cela s’ajoute les frais de gestion : jusqu’à 2% sur les fonds en euros alors qu’ils peinent à dépasser 1% de rendement. « Il faut aussi payer la gestion des autres actifs (jusqu’à 1,50% pour la gestion pilotée ou pour la gestion libre) », complète l’étude.

Mais ce n’est pas tout, Il ne faut pas oublier les frais d’arbitrage de 0,50% à 5% pour chaque changement de support d’investissement. Heureusement, la plupart des contrats offrent un arbitrage gratuit par an. Cerise sur le gâteau, pour les épargnants qui décideraient de dénouer leur plan en rente, « celle-ci pourra être soumise à des frais à chaque versement (qu’on appelle frais sur arrérages), en plus des frais de gestion qui se poursuivent. De quoi faire fuir ! , estiment les auteurs de l’enquête. Tous ces frais sont d’autant plus préjudiciables que la rémunération réelle des actifs est plutôt faiblarde ces dernières années ».

Attention aux unités de compte

Une analyse qui vaut aussi bien pour les fonds euros, dont le capital est en principe garanti, que pour les unités de compte. Selon une autre étude publiée par le magazine au printemps, les fonds en euros ont dégagé une performance réelle nette moyenne de 1,74% par an entre 2000 et 2018, contre -0,91% pour les fonds en unités de compte, plus risqués, et donc a priori plus rémunérateurs. « Vérifiez bien dans la notice tous les frais supplémentaires de gestion des unités de compte. Et préférez un organisme qui propose d’accéder à un ancien fonds en euros où l’on retrouve des emprunts d’État qui rapportaient davantage qu’aujourd’hui », conseille 60 millions de consommateurs.

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Dans ce contexte, parmi les 26 PER examinés, faire fructifier son épargne avec les plans proposés par les banques, les assureurs et même les associations d’épargnants « sera très difficile ». L’étude souligne tout de même les frais moins importants chez Apicil (M PER) et chez Mutavie (Multi Horizon retraites).

« Mais ce sont les plans commercialisés par les courtiers en ligne qui méritent selon nous la plus grande attention. Le PER d’Altaprofits, conçu par Swiss Life, propose un plan qui peut être investi à 100% sur le fonds en euros, mais aussi un grand choix d’unités de compte, ainsi que des frais de gestion du fonds en euros limités à 0,65%. Autre choix accessible, un PER aussi conçu par Swiss Life, mais vendu cette fois par le site Placement-direct.fr. Pas de frais sur versement et de faibles frais de gestion », constate l’enquête. Ces deux plans ont en plus un fonds euros avec un bon rendement. Mais mieux vaut opter pour la sortie en capital car les frais sur la rente viagère (3%) sont dissuasifs. L'association de consommateurs cite aussi le PER d’Apicil, vendu par Patriméa, et Liberté de Mes-placements.fr, conçu par Spirica, parmi les PER sans aucuns frais sur versement.

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