Seules 30% des entreprises envisagent de verser une prime Macron à leurs salariés, d'après un sondage. L'an passé, ce sont les trois quarts des entreprises qui avaient déclaré vouloir participer.

La prime Macron, née du mouvement des Gilets jaunes, a-t-elle du plomb dans l'aile ? Selon les statistiques communiquées par le cabinet de conseil en ressources humaines Mercer au Monde, 70% des entreprises interrogées n’envisagent pas de verser une prime Macron en 2020. Seules 29% réfléchissent à l’octroyer et 1% ne se prononcent pas. A titre de comparaison, début 2019, près des trois quarts des entreprises – toutes tailles confondues – avaient déclaré vouloir jouer le jeu.

« Il faut rester prudent, les négociations annuelles obligatoires ne sont pas terminées », nuance toutefois Bruno Rocquemont, directeur du département gestion des talents chez Mercer. Surtout qu'au final, 20% des entreprises, soit 408 000 établissements, ont finalement versé une prime Macron entre la fin 2018 et mars 2019, d’après les statistiques gouvernementales.

Ce dispositif qui permet au salarié et à l’employeur d’être exonéré de l’ensemble des cotisations et contributions sociales et d’impôt sur le revenu (1), dans la limite de 1 000 euros, a bénéficié à 4,8 millions de salariés pour un montant moyen de 401 euros. Et curieusement, ce montant était plus élevé dans les entreprises de plus petites tailles : 560 euros en moyenne pour celles comptant moins de 10 salariés, contre 377 euros pour les sociétés de plus de 2 000 salariés.

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Si la prime Macron est reconduite, elle a toutefois été rabotée. Ainsi, l’exonération de toutes cotisations et impôts est désormais conditionnée à la signature d’un accord d’intéressement. Ce qui n'est souvent pas le cas dans les petites structures. Conséquence, selon le syndicat des indépendants qui regoupe 25 000 artisans, commerçants, TPE et professionnels libéraux, 87% des petites entreprises n'ont pas prévu de verser de prime en 2020.

(1) L'exonération s’applique aux personnes dont la rémunération mensuelle brute est inférieure à 3 SMIC, soit 3 600 euros par mois environ.