Dans leur dernière note de conjoncture immobilière, les notaires font tomber « l’idée reçue » selon laquelle les « achats massifs en provenance de l’étranger » participent à la hausse ou à la résistance des prix de l’immobilier. Les principaux enseignements.

Qui sont les plus friands acheteurs de biens immobiliers en France, parmi les personnes résidant hors des frontières de l’Hexagone ? Les Français installés à l'étranger, apprend-t-on dans la dernière note de conjoncture du Conseil supérieur du notariat, publiée la semaine passée.

Les notaires ont puisé dans leurs données, sur la période 2009-2013, pour consacrer près d’une page à l’incidence des étrangers sur le marché immobilier français. Les bases immobilières des notaires permettent ainsi de connaître la nationalité et le lieu de résidence de l’acquéreur d’un bien au moment de l’achat. Cependant, afin de ne pas tomber dans certains travers, le Conseil supérieur du notariat a choisi de s’intéresser plus spécifiquement aux étrangers non-résidents, car près de 70% des étrangers acquéreurs ont déjà leur résidence principale en France.

Forte proportion d’acquéreurs dans les Alpes-Maritimes

Les étrangers sont-ils donc responsables de la flambée des prix, actuelle ou passée, dans certaines zones côtières notamment ? Les notaires ne répondent pas directement à cette question. Cependant, ils reconnaissent dans cette étude que les étrangers non-résidents jouent « un rôle important localement » dans les « grandes régions touristiques des Alpes et de la Côte d’Azur, où la concurrence est vive avec les locaux ».

Le département où la proportion d’étrangers non-résidents est la plus forte dans le panel d’acheteurs ? Les Alpes-Maritimes (Nice) avec 12% d'étrangers non-résidents. Suivent la Creuse (11%) et la Dordogne (10%), qui constituent selon l’étude une catégorie à part, celle « des départements ruraux du centre et du Sud-ouest où les acquéreurs [français] sont peu nombreux ». Six départements affichent une proportion de 5% à 10% : l’Aude (Narbonne, Carcassonne, etc.), le Gers (Auch), la Charente (Angoulême), la Haute-Vienne (Limoges), et la Haute-Savoie (Annecy).

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Une seconde carte, découpant la France en huit grandes régions, permet de montrer que la zone où les acquéreurs non-résidents sont les plus nombreux est la Corse et la Côte d’Azur. Quid de la Bretagne et de la Normandie, réputées pour attirer les Britanniques, ou des départements côtiers du Sud-Ouest ? Les non-résidents ne représentent dans ces zones pas plus de 5% des acheteurs. Une faible proportion qui permet aux notaires de conclure : « L’idée reçue que des achats massifs en provenance de l’étranger est l’une des causes de la hausse des prix immobiliers puis de leur résistance à la baisse est contredite par l’analyse des données notariales. »

Britanniques et Irlandais présents dans tout l'Ouest

En tout, en France, les étrangers non-résidents constituent « moins de 2% des acquéreurs sur la période 2009-2013 ». Insuffisant pour influer fortement sur les prix selon les notaires. Un bémol toutefois : la période étudiée ne prend en compte que les années d’après-crise. Seconde limite de cette étude : elle ne s’intéresse pas au plus petit échelon local, ce qui ne permet pas par exemple de connaître la proportion d’acheteurs non-résidents dans certains quartiers prisés de Paris.

L’étude livre en revanche la proportion des nationalités les plus représentées parmi ces acquéreurs non-résidents dans les grandes régions françaises. Sur le littoral ouest-Atlantique, la proportion de Britanniques et d’Irlandais monte à 58%. Elle est de 68% dans le centre-ouest et de 49% dans le centre-sud, ce qui fait des nationaux des îles britanniques la population la plus représentée dans toute la partie ouest de la France. Et même dans le Sud-ouest, avec une proportion de 34% contre 22% pour les Belges. Les Belges apparaissent comme les plus présents dans l’Est (33%), les Italiens en Ile-de-France (25%) et les Suisses dans la région alpine (27%). Pour l’anecdote, quelle est la population la plus fortement représentée sur la Côte d’Azur, derrière les Italiens (39%) ? Les Scandinaves (10%).