Mais ils ont partiellement détricoté en fin de séance l'article 2 visant en particulier à rapprocher l'imposition des indemnités journalières de celle de l'impôt sur le revenu. L'article prévoyant un prélèvement de 30,9 milliards d'euros au bénéfice de l'UE l'an prochain a été adopté par 111 voix contre 93.

Le ministre chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a souligné que certes, la France « est contributrice nette, comme les douze autres pays les plus riches de notre Union », au budget de l'UE, mais qu'elle est « la première bénéficiaire en volume » des subventions européennes pour les agriculteurs, les régions ou les entreprises.

Il a accusé les députés souhaitant revoir à la baisse cette contribution « d'avancer masqués », en n'osant plus prononcer le mot de « Frexit », et de préférer l'expression « rapport de force avec l'Europe ».

Philippe Juvin (LR), rapporteur général du budget, a souligné que supprimer l'article du budget de l'État qui définit la contribution « n'aurait strictement aucun effet sur notre obligation juridique » à la verser. Le RN n'en a pas moins maintenu sa proposition, d'amputer de 11 milliards d'euros à la contribution de la France, afin que la contribution française nette « se limite à 5 milliards d'euros », amendement rejeté.

« Cette stupidité »

Comme le faisait au même moment Marine Le Pen à Bruxelles, le député RN Jean-Philippe Tanguy s'est aussi insurgé contre la possibilité que le budget de l'UE pour la période 2028-2034, actuellement débattu par les Européens, puisse être conclu avant la présidentielle, y voyant « un grave problème » démocratique.

Pour le président LFI de la Commission des finances Éric Coquerel, « telle qu'elle existe aujourd'hui, l'Union européenne reste le cheval de Troie d'un néolibéralisme et d'une politique de l'offre dont la duplicité ne nous masque plus l'échec ». Son groupe a déposé divers amendements - tous rejetés, mais dont la variété a occasionné des débats animés - de baisse de la contribution française, ou de baisse de celle-ci de 10 % si certaines conditions n'étaient pas remplies.

Parmi les conditions exigées : suppression de l'agence Frontex, « congélation » des titres de dette française détenus par la BCE, abrogation des règles européennes fixant des maximums de 3% et 60% du PIB pour les déficits publics et les dettes des pays membres, ou encore dénonciation de l'accord d'association entre Israël et l'UE ou dénonciation de l'accord commercial du Mercosur.

Arrêts maladie

Eric Coquerel s'est ensuite demandé « qui avait pu conseiller » au gouvernement « cette stupidité de faire en sorte de fiscaliser les arrêts longue maladie pendant que vous touchez à peine aux milliards d'euros qui se sont accumulés dans les poches de quelques-uns ».

Le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel a plaidé « l'explosion des arrêts de travail », arguant qu'il n'y a pas de raison « que le travail soit plus taxé que l'arrêt de travail ».

Mais plusieurs amendements portés par les socialistes, les écologistes et les communistes ont abaissé ou supprimé la fiscalisation des indemnités journalières des victimes d'accidents du travail et de maladie professionnelle, ou d'affection de longue durée.

L'assemblée a également infligé un revers au gouvernement sur la réforme des indemnités de rupture du contrat de travail. Le texte initial prévoyait un plafond unique d'exonération fiscale fixé à environ 48 000 euros. Deux amendements du député LR Marc Le Fur, et du député EPR François Cormier-Bouligeon, ont été adoptés pour exclure les licenciements subis de ce nouveau régime.