Inquiet de la situation des finances publiques, le gouvernement a présenté la semaine dernière deux textes budgétaires qui mettent l'État et la Sécu à la diète, avec 45 milliards d'euros de nouvelles économies.
"Cette année encore", l'exécutif propose un projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) "bien en dessous des besoins" de santé, critique dans un communiqué France Assos Santé, qui regroupe une centaine d'associations, essentiellement de malades mais aussi de personnes âgées, handicapées ou précaires.
Avec "5,1 milliards d'euros d'économies nouvelles" pour l'Assurance maladie, la trajectoire financière "fait une nouvelle fois largement contribuer les usagers", écrit la fédération.
Depuis "plusieurs années", les hausses de reste à charge "se succèdent", fustige-t-elle, citant notamment l'augmentation des franchises et participations forfaitaires (part non remboursée sur les consultations, médicaments, transports sanitaires...) dont les montants unitaires ont augmenté en 2024, avant un relèvement des plafonds (maximum qu'un patient est susceptible de payer sur un an) en octobre 2026.
France assos Santé cite aussi la hausse, au printemps, de la part non prise en charge par l'Assurance maladie mais souvent par la complémentaire santé sur les hospitalisations et passages aux urgences.
Le gouvernement a d'ailleurs récemment acté par décret la baisse de la part remboursée par la Sécu sur les soins dentaires, transports sanitaires, dispositifs médicaux et certains médicaments, pour transférer cette charge aux complémentaires santé, économisant ainsi 1,2 milliard d'euros annuels.
De plus, "le PLFSS 2027 prévoit encore 700 millions d'euros" de nouveaux transferts vers les complémentaires, qui risquent d'augmenter leurs tarifs, relève la fédération. Ces mesures vont selon elle "encore creuser les inégalités d'accès à la santé et dégrader l'accès aux soins".
En outre, l'exécutif cherche "un milliard d'euros d'économies" sur les arrêts maladie, après plusieurs restrictions actées en 2026, tandis que le budget de l'État prévoit une hausse de la fiscalité des indemnités journalières, qui fera mécaniquement baisser les revenus des malades, ajoute-t-elle.
Des économies "bien plus importantes (...) sont possibles" en réduisant notamment les examens et traitements non pertinents (22 milliards de gaspillage, selon la Cour des comptes) ou les erreurs médicales évitables", juge la fédération, qui salue toutefois quelques mesures du PLFSS, comme l'instauration d'un taxe sur les produits transformés emballés et sucrés.



















